C’est l’une des pages les plus importantes de l’Histoire du club Phocéen. Après une relégation administrative suite à l’affaire VA-OM, l’Olympique de Marseille obtient sa remontée sur les terrains de Division 1 après une saison haletante. Retour sur cette dernière année au purgatoire.

Joël Cantona, Christophe Galtier, Laurent Spinosi, Marcel Dib, Ludovic Asuar, Jean-Christophe Marquet ou encore Jean-Philippe Durand et l’entraîneur de l’époque Gérard Gili. Toutes ces personnes sont inscrites pour toujours et à jamais dans le cœur des supporters marseillais. Ce sont ces noms qui ont lutté pour rendre au club sa fierté piétinée par l’affaire OM-VA. Ce sont ces amoureux du club, vieux briscards pour les uns, jeunes minots dévoués pour les autres, qui ont contribué à faire de l’OM ce qu’il est aujourd’hui.

Image www.om4ever.com

Car la force de notre club s’est aussi faite à travers les heures sombres de son histoire. Il est simple et aisé de supporter un club en 1993, quand il est sur le toit de l’Europe et du monde. Il l’est beaucoup moins quand il passe de deuxième de champion d’Europe à transfuge de Division 2 pour raisons administratives. Et elle est peut-être là la magie de ce club. Beaucoup de stades se seraient vidés pour moins que ça. Beaucoup de supporters auraient retourné leur veste. Beaucoup de joueurs se seraient enfuis en courant. Mais pas ici. Pas chez nous. Pas à l’Olympique de Marseille.

Un club avec une ferveur inégalable

NB : Pour tout vous dire, nous voulions faire au début un article classique, raconter l’histoire, les moments clés etc. Mais nous avons ensuite considéré que c’était assez niais. Non, le mieux, c’est de laissez ceux qui l’on vécu, qui y était et qui le vivent encore chaque jour, vous en conter le dérouler. Le mieux, c’est de laissez les supporters vous en parler.

@Djerir26 raconte :

“Cette équipe reste pour moi dans le top 3 de mes équipes de “Coeur OM”. Une équipe de guerriers. Ils étaient tous la définition parfaite de ce que doit être un joueur de l’OM. Beaucoup avaient fait des sacrifices pour venir aider le club. Ils donnaient leur cœur pour le club. Dib, Casoni, Ferrer, Germain, Libbra…J’en passe. Une star, un des plus grands 9 de notre histoire : Tony Cascarino ! A l’époque on écoutait les matchs de L2 à la radio. On avait pas tous Eurosport. Un seul nom envahissait les ondes de la radio: celui de Tony Cascarino.” But à Marseille” rythmait avec un seul nom : Tony Cascarino ! Comme penalty s’accorde avec Lyon aujourd’hui. Ce sont aussi mes premières années au Vel. Une ferveur immense. Et cela dans tous les stades de France. De Charleville-Mézières à Sedan. En passant par Valence et Châteauroux. On était tous habité par une rage immense. Un sentiment de revanche indescriptibles après ce que les instances du foot français nous avaient fait subir suite à l’affaire OM/VA. Nous étions fiers et unis face au reste. Cette ferveur n’est jamais réapparue depuis, je crois… Même après le titre sous Deschamps ou la saison Bielsa. C’était tellement fort. En demie finale de CDF on avait même fait trembler l’Auxerre de Guy Roux. Cette même équipe qui avait fait le doublé Coupe Championnat cette année là. Défaite aux TAB. De parler de cette époque me donne des frissons. Tant d’images. Cette génération de joueurs doit rentrer au panthéon de l’OM. Comme celles qui ont offert des titres à notre OM et l’étoile si “magique” au dessus du logo..

La Vieille Garde, noyau des fondateurs du CU84 :

« Pour nous la remontée en D1 contre Sochaux le 17 mai 1996, c’est surtout la fin d’un cauchemar. Même si on a aussi vécu de beaux moments durant ces deux saisons en deuxième division, comme la superbe ambiance contre les Verts en 8e de finale de Coupe de la Ligue (2-0), les adieux au Stade Vélodrome contre Caen lors de la 28e journée 95-96 alors que les travaux de démolition allaient commencer. Ou encore le parcours en Coupe d’Europe la saison précédente avec des ambiances extraordinaires, par exemple contre Sion, ou le parcage d’anthologie, un des plus beaux que le Parc ait vu, en 1/2 finale de Coupe de France contre le PSG. La libération est d’autant plus grande que après une première saison en D2, des sanctions administratives empêchent de nouveau l’OM de monter, et il faut rempiler une deuxième saison au purgatoire. Du coup, contre Sochaux ce 17 mai, le peuple olympien pousse ses joueurs comme jamais, pour retrouver le paradis et tourner définitivement la page des Charleville, Perpignan et autres Amiens qui étaient devenu notre lot commun… C’est la raison pour laquelle nous préparons une animation particulière pour cet ultime match de la saison à Marseille : des centaines de drapeaux bleus et blancs, représentant un fond bleu entouré de croix marseillaises, recouvrent notre tribune avec une inscription géante « D1 » au cœur du virage sud réalisé en petits drapeaux dorés. Des bandes de plastiques en damier sont également déployées sur les côtés, puis nous en profitons pour inaugurer des étendards avec les visages de Marcel Dib, Bernard Casoni et Tony Cascarino, trois joueurs exemplaires, et principaux artisans des succès enregistrés. L’ambiance dans le stade en général et dans notre virage en particulier est survoltée car la délivrance arrive enfin : une victoire 4 buts à 1, avec notamment un but de “ Marco Van Libbra ”, qui exhibe fièrement devant nous un tee-shirt C.U 84 avec l’inscription “ A jamais les premiers ”. Enfin, la D1 est de retour ! Ce dernier rendez-vous à la maison donne lieu à des scènes de liesse incroyable, avec envahissement du terrain, et une retraite fêtée en apothéose pour Dib et Casoni. Merci à eux. Merci pour tout! »

 

Des souvenirs encore chéris

@matth1360 se souvient:

“Super souvenir. On était mal barré en début de saison! J’écoutais les matchs sur mon radio réveil. C’était génial, le stress de dingue. J’étais déçu que Caen finisse devant nous. Mais tellement heureux de remonter en L1. Il me semble que c’est cette saison là qu’on va en demi de coupe de france face à Auxerre. C’était un super match. J’habitais Paris, j’étais jeune donc dur de te dire [l’ambiance qu’il y avait à Marseille]. Mais ça parlait plus de l’OM que de tous les clubs de L1! C’était incroyable. [Puis au sujet du soir où la montée en Division 1 fut confirmée] j’étais chez moi, heureux. Je pensais juste à l’été, ma mère m’avait promis que je pourrais aller à Marseille voir le 1er match de la saison. Un de mes meilleurs souvenirs d’ailleurs.  Merci de m’avoir fait remonter ces souvenirs

Olive se remémore :

“Pour moi, c étais triste au début. L’Om en Ligue 2 après avoir connu 91, 93 et le reste ! Mais cette équipe à vite fait oublier la Ligue 2. Une équipe de battants, de vieux briscards, de minots. Et surtout Cascarino que personne ne connaissait qui enfilait les buts , la gniac irlandaise. C étais pas l’équipe la plus technique mais elle n’était composée que de guerriers. Après dur de comparer le foot des années 90 et celui d’aujourd’hui. Les joueurs avaient une autre mentalité , c’étaient des passionnés de foot qui représentaient un club , une ville. Et l’OM n était pas un tremplin pour l étranger… Un autre souvenir en plus de la montée, c est la demi en Coupe. Ça aurait été beau de se taper le PSG avec une équipe de D2. On fini quand même 2ème, pas premier. Mais après avoir pensé que le club n’existerait plus, c’était inespéré”

Dandy Of Lisboa lui aussi est heureux de nous en parlé :

“Une équipe de baroudeurs. Marcel Dib, Tony Cascarino, De Wolf, Hamada, Jambay… C’est une des équipes qui a eu le plus de soutiens et d’admirations de la part des supporters. Elle avait du cœur, une âme. Peut être parce que déjà on a vécu ça comme une injustice, l’affaire VA-OM. On a jamais compris comment un club avec un dirigeant aussi charismatique avait pu acheter un match. C’est un truc qui me hante encore, ça défie l’entendement. Et donc la sanction est tombée : descente en Division 2. A l’époque, l’équipe est faite de bric et de broc. C’est Gili qui reprend l’équipe en septembre 1995. À l’époque la division 2 était à 22 clubs. On finit championd à la différence de buts ! Avec un Cascarino de feu. 31 buts Sacré teigneux ! Je me rappelle surtout à vrai dire du match contre le FC Sion en novembre 1994, en 16ème de l’UEFA. Victoire 3/1, doublé de Libbra. Ça c’est un match représentatif de l’équipe de l’époque. À l’aller tu avais perdu 2/0 la semaine d’avant. On avait perdu à Châteauroux 4/0, c’était mal barré… C’était en championnat. Pas dans les meilleurs dispositions… C’est sûrement un de mes meilleurs souvenirs de l’OM en coupe d’Europe, et pourtant on jouait en D2, de plus on affrontait une équipe de Division 1 Suisse. C’est une période qui est déjà très lointaine, mais je me rappelle que Barthez était resté dans les cages, même en D2, et ça franchement ça montre l’attachement et les valeurs du mec à l’heure des mercenaires ! C’était beau et symbolique. C’est dur de vouloir comparer des périodes et des équipes totalement différentes, et je ne voudrais pas faire “avant c’était l’âge d’or et c’était mieux”. Non c’est différent. Je voudrais dire aux plus jeunes que dans ces moments, les plus durs de l’histoire du Club, on a su se relever, comme un éternel phénix. L’OM renaît toujours de ses cendres ! Et je le crois encore plus aujourd’hui avec ce nouveau projet porteur d’espérance. Et qu’il est important de garder en mémoire le passé. Que des générations de supporters doivent aussi transmettre ces souvenirs, c’est important je trouve. Transmettre aux plus jeunes.

Allez l’OM ! Et surtout, allez le foot ! Et merci d’exister.

 

La rédaction Un Olympique ! remercie sincèrement tous ceux qui ont participé

à la rédaction de cet article.

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