L’OM féminin se rend ce dimanche à Lyon (16h30, match retransmis en triplex sur Eurosport 2)  afin d’affronter les ogresses de la discipline pour le compte de la 20e et antépénultième journée du championnat de D1. Que peuvent espérer des Olympiennes au bord de la relégation, avec ce déplacement chez un leader invaincu, et pour qui la victoire signifierait le 12e sacre officiel ? Pas grand-chose. Faire honneur à ses couleurs et éviter une déroute, difficile de leur en demander plus.

Pas la peine, une fois de plus, de tourner autour du pot. Les Olympiennes, bonnes dernières de D1, seront peut-être officiellement reléguées en D2 dimanche sur le coup de 18h15, au coup de sifflet final de leur déplacement au Groupama Center de Décines. Tout dépendra en réalité d’un match disputé bien avant (15h), celui opposant Guingamp à Albi. En cas de victoire albigeoise en Bretagne, conjuguée à une défaite olympienne à Lyon, c’en serait fini des espoirs et des illusions phocéennes. Et si Albi sort vainqueur de sa confrontation, alors comment ne pas admettre être déjà fixés sur le sort de l’OM avant même qu’Ada Hergerberg ou Viviane Asseyi donne le coup d’envoi de la rencontre qui les opposera dans la foulée ?

Un triomphe lyonnais programmé

Même si Christophe Parra déteste qu’on puisse mettre en doute les capacités de son équipe à remporter un match, comment imaginer un seul instant, une seule seconde, que les Olympiennes parviennent à empêcher les Lyonnaises de décrocher devant leur public leur 12e titre consécutif de championnes de France, avec une 20e victoire de rang (pour autant de matchs joués jusqu’ici) ? Ajoutons que si l’OL a gagné toutes ses rencontres de championnat, il en a fait de même en Coupe de France (4 v, 36 p ! 0 c…) et reste invaincu en Ligue des Championnes (7 v, 1 n, 34 p, 1 c), deux compétitions dont il s’apprête à disputer les finales respectives (31 mai contre le PSG, et le 24 mai contre Wolfsburg).
Jean-Michel Aulas – dont personne n’ignore les excellentes relations actuelles avec Jacques-Henri Eyraud – l’a déclaré haut et fort : ce match contre les filles de l’OM est une finale, la première des trois destinées à maintenir sa section féminine sur le toit du monde.

Les Fenottes se sont fixé des objectifs clairs et nets en cette fin de saison. Non seulement réussir un nouveau triplé agrémenté de records (le 12e titre national consécutif, une 7e coupe de France de rang, un 5e titre européen, dont un 3e de suite…), mais aussi finir cette saison invaincues, toutes compétitions confondues. Et il ne leur reste plus que cinq matchs à disputer en tout et pour tout.
Dépasser les 100 buts inscrits en D1 constitue un autre défi – accompli déjà huit fois lors de leurs onze titres précédents, avec un record à 147 buts en 2014-2015. Elles en sont à 91, et se souviennent en avoir passé 9 au Paris FC (ex-Juvisy, 9-2, 3e journée) et 10 à Lille (1-10, 17e j). Peuvent-elles en mettre 9 aux Olympiennes dimanche pour que leur fête dominicale soit encore un peu plus glorieuse ? On ose croire que non… Les trois rencontres précédentes entre les deux équipes se sont certes soldées à chaque fois par de nettes défaites olympiennes (1-6, 0-4, 0-5), mais sans aller jusque-là. L’humiliation serait grande.

Pour les Olympiennes, s’inspirer des garçons

Certes, les Olympiennes sont loin, très loin de disputer une place sur le podium de leur championnat, et encore plus de se préparer à une finale européenne. Mais ce que nous attendons d’elles dans ce match si déséquilibré qu’il en donne le vertige est de les voir mettre leurs tripes sur le terrain, comme les garçons l’ont fait ce vendredi à Guingamp, menés au score et à 9 contre 11. Quels que soient les vents contraires – ils vont sans doute souffler en violentes rafales -, on les veut pugnaces, accrocheuses, fières et orgueilleuses. Conscientes du maillot qu’elles portent et doivent honorer, du club qu’elles représentent. De son histoire. Peu importe qu’elles soient canadiennes, islandaises ou parisiennes, qu’elles n’aient même jamais été auparavant supportrices de l’OM. Aujourd’hui, elles portent la tunique blanche, et même si ce n’est plus que très provisoire avant de partir sous d’autres cieux, obligation morale leur est faite de se comporter en Olympiennes, en joueuses de l’Olympique de Marseille, un club pas comme les autres, plus qu’un club…

Qu’Albi se soit imposé ou pas à Guingamp dans les minutes précédant le coup d’envoi, le groupe de Christophe Parra sait très bien que ce match à Lyon ne changera rien à une situation déjà scellée ou seulement différée, qu’elles ne gagneront pas au Groupama Center – fi de la langue de bois et de la méthode Coué -, que ce sera au mieux dans les deux matchs suivants que tout, peut-être, se jouera. Pour les Lyonnaises et leur public, ce match sera une fête, celui d’un nouveau sacre. Alors, que les Olympiennes ne se prennent pas trop la tête, et qu’elles se montrent dignes de cette fête, même si celle-ci n’est pas la leur. Qu’elles se montrent dignes devant les caméras de télévision d’Eurosport. Qu’elles prouvent que des joueuses portant la devise « Droit au but », même au fond du trou, même promises à la défaite, même – peut-être – vouées à une inévitable et si cruelle relégation, qu’elles prouvent que ces joueuses sont des Olympiennes jusqu’au bout des ongles, vernis ou pas : des guerrières. On ne leur en demandera pas plus ce dimanche.

La situation comptable

Comme on le voit dans le tableau ci-dessous, en cas de défaite à Lyon, les Olympiennes ne pourront plus revenir avant la fin du championnat sur Lille, Guingamp et Fleury (la différence particulière assurant aux Essonniennes de finir devant l’OM).
L’ASPTT Albi ayant 5 points d’avance sur l’OM, une victoire à Guingamp lui assurerait de laisser définitivement les Olympiennes derrière… sans boucler son maintien pour autant.
-De même pour Rodez. Un succès sur Fleury et voilà le RAF (prochain adversaire de l’OM) qui s’envolerait hors de portée… Or, vu les adversaires à affronter aux deux dernières journées (Paris FC et MHC pour Albi, OM et Lyon pour Rodez), on comprend que ces deux équipes géographiquement voisines seront plus que motivées pour arracher les trois points dimanche…

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Philippe Serve
A suivre sur Twitter : @Olympiennes

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