Bon, avant de commencer, je dois déjà me présenter. Mon nom, mon sexe, mon histoire, ma religion, ma couleur de peau, mon origine, tout ça, on s’en fiche ici. Non, le seule donnée de mon identité que vous devez connaitre, c’est la couleur de mon sang. Bleu et blanc.

Oui, c’est étrange à dire. J’ai le sang bleu et blanc. Je ne suis ni un Schtroumpf, ni un protagoniste d’Avatar (ni un comique comme cette phrase l’atteste). Je suis juste supporter de l’Olympique de Marseille. Et j’ai 20 ans. Cette donnée est importante ici car non, je ne les ai pas connus ces autres épopées marseillaises. Quand on m’en parle, j’essaie de visualiser ce que ça doit être, ce qu’on doit en ressentir. Mais comme une première histoire d’amour, j’imagine que le rêve n’est jamais aussi beau que la réalité.

La finale perdue de 91 face à l’Etoile Rouge de Belgrade, le sacre ultime de 93 et ce coup de tête de Boli, la finale de Coupe UEFA de 99 perdue face à Parme puis celle de 2004 perdue face à Valence, la Coupe Intertoto de 2006 et 2007, tous ceux-là j’en entends parler, souvent, longtemps, mais tout ce que j’espérais, c’était les vivres, ses soirées folles et ses émotions hors du commun que l’on me décrivait.

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D’aussi longtemps que je me souvienne des matchs football que j’ai vécu, j’ai toujours supporter l’Olympique de Marseille. Incompréhensible pour ma famille : j’ai grandi à Paris, j’y ai passé toute mon existence et la plupart des mes amis supportent le PSG ou ne regardent pas le football. Alors, il est étonnant pour eux de me voir pleurer lors des belles victoires de l’OM, pleurer lors des lourdes défaites de l’OM, pleurer lors de l’arrivée de Marcelo Bielsa puis pleurer lors de son départ, pleurer après les 0 points en Ligue des Champions et pleurer après le titre de 2010.

Parce quand on y réfléchit, ma génération vit quelque chose d’extraordinaire. 20 ans. Pendant 20 ans l’Olympique de Marseille n’a gagné aucun titre majeur (si on enlève la parenthèse Deschamp). L’ère Louis-Dreyfus fut catastrophique pour l’armoire à trophées du club. Donc nous, ceux qui n’ont vécu que désillusions et contre-performance durant toutes ces périodes et qui sont incapables de s’accrocher à des souvenirs d’antan, nous n’étions pas prédisposés à le supporter, ce club qui ne gagne jamais rien, dans ce monde du football qui ne fait la part belle qu’à ces clubs qui gagnent tout tout le temps tout.

Ma mère parlait souvent de malédiction. Mon père lui insistait pour ne pas que je regarde les matchs de l’OM. Le pauvre, comprenez le, il avait peur que mon coeur lâche à un moment donné. Et du coup, aujourd’hui, j’ai repensé à tout ça. Quand je me suis réveillé ce matin à 6h48 en priant pour qu’il soit déjà 20h59, à 6 minutes du début du match, et que, dépité, je me suis rendu compte que j’allais vivre une horrible journée entre coeur qui bat, doigts qui tremblent et cerveau accaparé à chaque seconde qui passe par le match du soir.

Et je me suis alors demandé « pourquoi ?». Pourquoi est-ce que je supporte un club qui m’a apporté un peu de joies et beaucoup de déceptions ? Pourquoi est-ce que je supporte un club où j’ai mis les pieds dans le stade qu’une seule fois de toute ma vie ? Pourquoi est-ce que je supporte un club que, finalement, je n’ai jamais vu gagner quoi que ce soit sans Deschamp ?

Et j’ai beau y réfléchir, je ne trouve pas la réponse à toutes ces questions. Si vous avez une idée, n’hésitez pas à me la communiquer en commentaires, parce que moi je ne sais pas. Toujours est-il que ce que je sais, ce dont je suis sûr, c’est que je ne peux pas imaginer ma vie sans l’Olympique de Marseille.

C’est impossible. Inimaginable. Invivable. Ce club est fou, ses supporters sont fous, ses dirigeants sont fous, son stade est fou. Mais finalement, c’est peut-être moi qui suis fou à être derrière lui, indéfiniment et au-delà de toute raison. Oui, ça doit être ça. Je suis fou de l’Olympique de Marseille.

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Et elle est peut-être là, la réponse à toutes mes interrogations. Je savais. Je savais ce qu’était ce club et ce qu’il m’apporterait lorsqu’il reviendra enfin sur le devant de la scène sportive. A la place qu’il mérite. Car oui, il reviendra. C’est sûr. C’est obligatoire. Aucun autre scénario n’est possible. Je savais que toutes les désillusions et contre-performances que j’avais vécu et connu ne me mènerait qu’à cet instant, à ce jour, à ce 26 avril 2018, demi-finale de Coupe d’Europe.

Et aujourd’hui je peux le dire. Je peux l’affirmer sans trembler. Je sais ce qu’est l’Olympique de Marseille. Je sais ce que représente ce nom, cet écusson, ce stade, cette folie. Avant je m’en doutais. J’en sentais les prémices. Aujourd’hui, je le vis.

Alors non, on ne sait pas ce qu’il va se passer ce soir. Peut-être que l’aventure s’arrêtera après une lourde défaite 1-5 et des joueurs tétanisés par l’enjeu. Peut-être que la Canebière sera en feu après une large victoire 5-1 et des joueurs galvanisés par l’enjeu.

En attendant, tout ce que je peux faire, c’est dire merci.

Merci aux joueurs marseillais pour avoir pris cette compétition au sérieux. Merci à Garcia pour cette équipe, pour ce groupe qu’il a créé. Merci à Zubiarreta pour ces 3 mercatos. Merci à Eyraud pour sa compétence. Merci à McCourt d’avoir repris ce club des mains de Margarita Louis-Dreyfus.

Merci à tous les supporters olympiens présents au stade au cours des 20 dernières années pour m’avoir fait tomber amoureux de ce club hors du commun. Merci au Dieu du football pour me l’avoir mis sur mon chemin. Merci au Vélodrome pour toutes ses émotions qu’il procurent, à ce stade majestueux pour toutes les histoires qu’il a à raconter.

Merci à l’Olympique de Marseille.

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