C’est toujours la même rengaine avec eux. Eux, ce sont les privilégiés. Vous savez, ceux qui bénéficient d’un avantage acquis au détriment des autres et qui, une fois délaissés de cette immunité injuste, se retrouvent à se plaindre face à une situation juste et égale. Car l’égalité, eux, ils la vivent comme une inégalité.

Ne plus être au-dessus, à part, est inimaginable pour leur esprit habitué au confort. Eux, c’est bien sûr les Lyonnais, le titre et la photo ne laissent pas beaucoup de doutes. Et si sur ce site nous ne traitons exclusivement que de l’actualité du seul Olympique de France, nous sommes obligés de parler de cette équipe qui met la pression pour fausser le résultat final de matchs qu’ils ne peuvent gagner sportivement. Et donc, indirectement, léser les autres.

Parce qu’hier, Lyon a fait face à une injustice. C’est vrai. C’est clair et posé, les caméras sont là pour le prouver et personne n’en doute ni le dément. Un penalty aurait du être sifflé sur Fékir. Mais ce qui dérange plus, c’est la réaction du président, de l’arbitre, des joueurs, supporters et consultants face à cette situation.

Le championnat Ouin-Ouin

La scène est tout simplement surréaliste. Le jeu est carrément arrêté, tous les joueurs se précipitent vers l’arbitre de touche pour contester la décision de l’arbitre principal. Une scène habituelle dans le paysage footballistique. Mais pas avec une telle véhémence. En fait, ce qui touche, c’est l’incompréhension des joueurs. Ils sont perdus, se demandent ce qu’il se passe, comme s’ils ne comprenaient pas que cette situation est la vérité simple du football. Car tous les week-end, sur tous les terrains du monde, des équipes se font oubliées un pénalty. Ou en subissent un qui n’était pas justifié.

Mais bon, sincèrement, on les comprend les Lyonnais. Pour eux, cette situation est inédite. En fait, ce sont les dernières semaines, depuis la trêve hivernale et la sortie médiatique de Jacques-Henri Eyraud, qui sont inédites. Et bien sûr, le président marseillais est vu comme responsable des mauvaises performances des Lyonnais comme ici avec ce tweet d’un journaliste de l’Equipe. Car oui, plusieurs Lyonnais se sont directement tournés vers lui pour justifier cette défaite. Comme si, à lui tout seul et en réclamant un arbitrage équitable pour toutes les équipes, Eyraud avait détruit toutes les possibilités de victoire des Lyonnais.

Vous vous rappelez du rouge pris par Stéphane Ruffier contre l’AS Monaco pour être aller contester un but à l’arbitre de touche pour un hors-jeu qui n’a pas été sifflé (le joueur avait raison) ? Il n’avait pas insulter l’arbitre, ni toucher. Sans aucune agressivité. Il était juste parti réclamer son dû, une annulation d’un but injustement validé. Il s’est fait exclure et a pris des matchs de suspension. Sans qu’on ne lui donne aucune explication sur cette décision. Hier, Fékir part invectiver l’arbitre. Il est agressif dans ses geste, dans son comportement, dans ses paroles. Et après avoir longuement tenté de le calmer, l’arbitre finit par lui mettre un petit carton jaune.

Deux situation identiques dans la raison (légitime) de contestation des joueurs mais divergentes dans les manières de faire, le Lyonnais étant bien plus véhément que le Stéphanois. Mais deux conséquences différentes pour les joueurs. Mais vous savez quel est l’autre point commun entre les situations ? L’arbitre des deux match qui n’est autre que l’unique Monsieur Delerue.

La bourgeoisie opprimée

Et Lyon croule sous ce genre d’affaires et de situations à leur avantage plus que douteuses. La claque de Fernando Marçal qui est restée sans conséquences. La simulation de Mariano Diaz contre Toulouse qui est restée sans conséquences. L’utilisation de fumigènes par leur président qui est restée sans conséquences. Leurs nombreuses simulations prouvées et avérées par les caméras qui sont restées sans conséquences. Les nombreuses sorties médiatiques de leur président qui sont restées sans conséquences. Une de leur ancienne membre du conseil d’administration qui devient présidente de la LFP. Leurs très nombreux pénalty douteux qui sont également restés sans conséquences.

Aujourd’hui, tout le monde s’offusque et semble choqué par une situation tellement habituelle dans tous les autres clubs français. Tout simplement un arbitrage normal, qui commet certes des erreurs qui peuvent être rageant mais qui ne semble plus être sous le coup d’une emprise néfaste de cette équipe. Et en fait, le plus choquant, c’est de voir consultants, journalistes, supporters, président, joueurs et entraîneurs en être aussi… choqués.

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Car c’est aussi ça, le privilège des privilégiés. Pouvoir trouvé un bouc émissaire à tous leurs problèmes.

Non, les 3 défaites consécutives de Lyon ne sont pas dues à une tactique déficiente de leur entraîneur. Ni à leur équipe qui a des trous d’air monstrueux pendant leurs matchs. Ni à Fékir, leur meilleur joueur, qui est absent des débats depuis plusieurs semaines (ne me parlez pas des buts contre les « gros » qui sont surtout dus à des boulettes des gardiens adverses qu’à la dangerosité des tirs du joueur). Ni à un président plus occupé à contrôler la Ligue et critiquer les arbitres qu’à tenir le gouvernail d’un bateau qui tangue dangereusement. Non, tout est à cause de Jacques-Henry Eyraud et des penaltys.

Cela prouve plusieurs choses. D’abord que Lyon jouit d’un traitement médiatique particulier. C’est comme si le nom même de ce club était associé au mot arbitrage. Ensuite, que cet état de fait favorise une inégalité dans le temps avec ses concurrents qui se trouvent lésés par ces avantages inexplicables. Si on veut être de bonne foi, il est vrai que Lyon n’est plus autant avantagé qu’il y a quelques mois. Car oui, ils ont été volés hier sur ce penalty. Ils ont également été volés à Angers où Marcelo ne méritait pas le carton rouge. Et ils ont également le plus grand nombre de penaltys concédés cette saison, même si la quasi-totalité sont justifiés (de mémoire, seule celle concédée face à Malcom laisse une place au doute).

Mais toutes ses polémiques mènent à un point, et c’est peut-être la dernière et la plus importante : sans les pénalty, Lyon n’est plus rien. Sans les erreurs (ou non) d’arbitrages, l’équipe Lyonnaise est incapable de gagner un match par elle-même. Sans les coups de pression d’Aulas, les Gones tremblent de partout. Sans l’accumulation des hashtags « Penalty pour Lyon » qui étaient presque le quotidien de Twitter pendant les matchs de l’équipe de Génésio, son équipe est incapable de suivre le rythme de cette course au podium. Lyon, c’est une accumulation de scandales arbitrales, qu’elles soient justifiées ou non.

Sans ses privilèges, Lyon n’est plus rien. Elle se retrouve démunie, face à elle-même et face à ses limites. Aux limites de son effectif, de son entraîneur, de ses joueurs. Ou comment la noblesse est outrée de voir ses privilèges lui être retirée petit à petit.

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