On est le 3 novembre 2010. Quatrième match de Ligue des Champions. L’OM est dans le groupe F. Avec le Spartak Moscou, Chelsea et le MSK Zilina, club slovaque. Pour le moment, la campagne européenne est mauvaise. 2 défaites contre les 2 premiers clubs cités (0-1 et 2-0), et une petite victoire par la plus petite des marges contre le 3e (1-0). Ça va beaucoup mieux en Ligue 1, où le club est invaincu depuis le début du championnat (5 victoires et 3 nuls).

Si l’OM va bien, un joueur de l’effectif patauge de plus en plus. Il s’agit d’un joueur qui devait être l’un des fers de lance de l’attaque. Le joueur le plus chère de l’histoire du club. André Pierre Gignac. Arraché des mains de Toulouse pour la somme de 17M€, le français vient avec l’étiquette du meilleur buteur de L1 de la saison écoulée. C’est dire comme il était souhaité et attendu par l’ensemble du club. Il posera ses bagages sur la Canebière le 20 août 2010, après d’âpres semaines de négociations et de retournements de situations.

Mais les supporters vont vite déchantés. Gignac met du temps à être efficace. Il a beau jouer les matchs dans leur intégralité, il n’est pas du tout décisif. Il mettra 1 mois entier avant de marquer son premier but (un doublé même) mais contre les derniers du classement, Arles-Avignon. Mais il a une chance : l’équipe tourne bien. Et le joueur aime sincèrement le club. Deux situations qui rendent les supporters olympiens assez patients. Du coup, il passe pour le moment entre les mailles du filet.

Avant cette soirée de Ligue des Champions. 3ème de leur poule, les marseillais ont besoin de se mettre en confiance pour la suite de la saison européenne. Gignac est titulaire contre Zilina. Le reste appartient à l’histoire. Une performance de haute volée couronnée par un triplé et une passe décisive. Comme pour rappeler à tout le monde qui il était et que non, on ne perd pas tout son talent en 4 petits mois.

Bon, on ne va pas se mentir dans notre story-telling : le reste de sa saison ne fut pas enchanteresse. Il mettra plus de 2 mois avant de claquer un nouveau but (le 16 janvier 2011, lors de la 20ème journée contre Bordeaux, victoire 2-1). Il avait même perdu son poste d’AC, étant relégué en position d’ailier gauche la plupart des matchs. Le joueur restait tout de même titulaire, son prix d’achat oblige… Mais il marquera au total seulement 12 buts en 38 match toutes compétitions confondues cette saison là. Le reste de son aventure, on la connait tous.

Non, Mitroglou n’est pas un panic buy

Le Grec se rapproche de Gignac sur plusieurs aspects. D’abord dans l’attente : la pression du fameux « grand attaquant » tant attendu par les supporters est équivalente à celle d’un Gignac meilleur buteur du championnat. En fait, le problème principal de l’arrivée de Mitroglou tient dans la pression et le jeu médiatique qui l’a entouré. On se rappelle de Jacques-Henry Eyraud laisser la porte ouverte à une arrivée de Diego Costa, de Franck McCourt affirmé pouvoir être capable de poser 50/60M€ sur un joueur ou encore de Mohamed Bouhafsi insister sur le fait que l’OM VEUT boucler pendant le mercato un attaquant porte étendard du projet avec un budget à 60M€ pour lui seul.

Ensuite dans la situation du club. Tout comme avec Gignac, l’OM fait un début de campagne européenne moyen. En championnat, contre toutes attentes, le club lutte pour le podium. D’autant plus après la trêve hivernal, les joueurs de Garcia n’ayant pas encore connu de défaite toutes compétitions confondues. Les autres joueurs de l’effectif sont performants, des surprises sortent du chapeau du coach, et Mitroglou est censé être la cerise sur un gâteau étonnamment appétissant.

Logiquement, les supporters attendent un grand joueur, une star internationale. Voir arriver dans la précipitation l’attaquant de Benfica, très grand club portugais mais moins médiatisé pour le grand public, a été assez décevant pour beaucoup. Et pour ne rien arranger, le joueur arrive blessé et loupe 4 matchs (dont celui contre Nice où il était sur le banc). Il marquera pour ses débuts contre Strasbourg (3-3), annonciateur de bonne choses. Puis 3 matchs après contre Caen (5-0). Puis… plus rien ! Le joueur reste muet pendant 3 matchs, repasse derrière Germain qui reprend confiance. Après le match contre Saint-Etienne (3-0), l’OM a joué 6 matchs. Avec un temps de jeu quasi inexistant pour lui.

Cette période où l’attaquant Grec ne quittait pas le banc fut très éprouvante nerveusement. Le joueur était sujet à des moqueries et des remises en question par l’ensemble des médias. Tout comme Gignac, le joueur traverse une période de moins bien. Mais avec un triplé et une victoire sur un score fleuve, les espoirs sur un retour au niveau sont permis. S’il a pu être sifflé une fois au Vélodrome, les supporters restent assez bienveillants envers lui. Et c’est peut-être là que son destin pourra se rapprocher de celui de Gignac : l’amour présent autour de l’OM.

Car ce club ne laisse pas indifférent, dans l’amour comme dans la rivalité. La passe décisive de Payet est plus symbolique que tout. Tous les joueurs ont accourus vers Kostas pour l’entourer de leur soutien. Et pour la première fois depuis longtemps, un immense sourire était plaqué sur son visage. Le public ne s’y trompait pas non plus et a commencé à entonner son nom pendant de longues secondes. Comme pour le porter. Tous ensemble, comme un seul homme. Pour lui dire qu’il n’est pas seul, qu’on est là et que nous aussi on va l’aider à récupérer son niveau.

Lors du dernier match, on a enfin vu un joueur qui se battait sur chaque ballon. Son deuxième but, où il intercepte le ballon, dribble le joueur et va battre le gardien, il en aurait été incapable il y a 2 semaines. Non pas car son talent avait quitter son corps. Mais parce que, tout comme Gignac, lorsque le mental ne suit pas, les jambes sont inutiles. Mitroglou, c’est 52 buts en 88 match avec Benfica lors des deux dernières saisons. Et ça, c’est tout sauf un hasard. Avoir un Kostas en pleine possession de ses moyens avec l’excellente équipe autour de lui ne pourrait être qu’une parfaite nouvelle annonciatrice d’une fin de saison canon. Pour lui et pour l’Olympique.

Alors Kostas, le vrai Kostas, bienvenu à l’Olympique de Marseille.

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