Dimanche 11 février (15h) au stade Roger Lebert, les filles de l’OM tenteront de se qualifier pour la première fois de leur histoire pour les quarts de finale de la Coupe de France. Mais si le défi est exaltant, il s’avère aussi plus que périlleux puisque se dresseront face aux protégées de Christophe Parra rien moins que le MHSC, actuel 3e du championnat et quart de finaliste de la Ligue des Championnes… L’exploit sera-t-il au rendez-vous ?

 

Dimanche, sur le coup de 15 heures, la Coupe de France féminine offrira pour le compte de ses 8es de finale une certaine impression de déjà-vu. En effet, en un bis repetita dont l’OM se serait volontiers passé, les Olympiennes affronteront les redoutables Montpelliéraines lors d’un remake de l’an passé dans cette épreuve. Seule différence – notable -­, le match avait eu lieu au deuxième tour fédéral, soit pour les 32es de finale. La rencontre, également jouée dans l’antre des Marseillaises, le stade Roger-Lebert, s’était soldée par une défaite et une élimination au goût très amer (1-2), puisque concédée à la… sixième et dernière minute du temps additionnel, sur un but de l’internationale belge Janice Cayman ! Regrets d’autant plus vifs que l’OM avait mené au score pendant près d’une heure, la star suédoise Sofia Jakobsson n’égalisant pour les Pailladines qu’à la 72e minute, après que l’attaquante olympienne Charlotte Lozé ait ouvert le score dès la 17e minute…
Mais, aussi dure qu’eût été cette sortie précoce, elle marqua pourtant une confirmation : l’embellie de la situation de l’OM, promu alors en D1 et qui, après 7 premiers matchs sans victoire, venait d’aligner trois succès consécutifs. Car cette si courte défaite en coupe s’avérait un vrai contrepoint au sévère 0-5 encaissé en championnat face ces Montpelliéraines trois mois auparavant sur ce même terrain synthétique de Lebert. Le groupe avait mûri et allait le prouver en enchaînant deux nouvelles victoires en D1, puis, dans la foulée d’un échec normal face à Lyon, quatre nouveaux succès – dont un, historique face au PSG, futur finaliste de la LdC -, série qui lui permit une spectaculaire remontée au classement, ponctuée par une inédite 4e place au final, une première pour un promu.

L’Histoire repasse-t-elle les plats en football féminin ?

Mais tout cela appartient au passé, même s’il en existe de plus éloignés. Pourtant, le début de cette saison 2017-2018 s’amuse – d’accord, les supporters de cet OM féminin n’en apprécient peut-être pas l’humour ­– à jouer au copier-coller un peu décalé, un peu aggravé… Aux sept matchs sans la moindre victoire du début de saison dernière, coucou nous revoici avec une série de onze rencontres (soit la totalité de la phase aller), sans être capables de ramener plus de trois points (trois nuls) dans l’escarcelle ! Et comme en 2016-2017, c’est face au même adversaire que les Olympiennes sont parvenues à vaincre ce qui ressemblait de plus en plus à une malédiction : Juvisy (2-1 l’an passé, 1-0 cette saison sous sa nouvelle identité de Paris FC) ! Et comme il y a un an, l’OM a enchaîné avec deux victoires (Fleury, 2-0, en coupe, puis Bordeaux, 1-0, en championnat)…
Et voilà donc que le spectre du MHSC se dresse à nouveau sur la route !

Le bilan face au club de la famille Nicollin (on aura toujours une pensée émue pour Loulou, tout en saluant le beau travail de son fils, le sympathique Laurent) tient en une formule implacable, et en oubliant les rencontres amicales : 4 matchs, 4 défaites. Trois en championnat (deux fois 0-5 la saison dernière, et 1-4 fin septembre dernier), et une en coupe, je l’ai déjà évoquée. 2 buts marqués, 16 encaissés. Les chiffres font mal, mais indiquent néanmoins un  progrès sensible. Si les deux « manitas » reflétaient vraiment l’écart sur le terrain, les trois autres scores cachaient pour la plupart une notable résistance des joueuses à la tunique blanche.

Alors, que donnera la dramatique de ce dimanche, estampillée Coupe de France ? Tous ceux qui suivent de près le football féminin savent que le MHSC – qui rêve d’aller jusqu’en finale en… Ligue des Championnes -, se situe très largement au-dessus de l’OM qui a débarqué il y a seulement un an dans l’élite française. Son équipe n’est composée que d’internationales françaises ou étrangères. Et la CdF féminine n’est pas la masculine, où les petits poucets se font un malin plaisir à dévorer les ogres année après année. Non, en foot féminin les surprises de ce genre sont rarissimes. Mais, après tout, qui aurait osé prévoir une victoire des Olympiennes sur le puissant PSG la saison dernière en championnat ? Alors… rêvons un peu !

On ne reprendra pas (tout à fait) les mêmes

Des deux groupes de joueuses s’étant affrontés l’an passé en 32e de finale, on devrait retrouver – sauf blessures ou choix des coachs – entre neuf et dix joueuses (sur quinze) côté olympien, et dix au MHSC, soit une vingtaine  sur un total de trente.
Ont disparu à l’OM : la gardienne Pauline Peyraud-Magnin (retournée à son club formateur de l’OL où elle est devenue remplaçante de Sarah Bouhaddi), si déterminante dans la “remontada” de l’an passé; notre Corse de feu Léonie Multari (partie à Fleury, promu cette saison en D1), la Belge Sara Yüceil, montée aux Pays-Bas, la si populaire – et à juste titre – « Popo » (Pauline Cousin) qui fait aujourd’hui le bonheur de Dijon, actuel leader de son groupe en D2, et la jeune Salomé Elisor qui, aux dernières nouvelles, aurait arrêté le football.
À Montpellier, exit là aussi la gardienne Solène Durand, partie garder les cages de Guingamp, Lindsey Thomas prêtée à Bordeaux, l’Etats-Unienne Genessee Daughetee émigrée en Damallsvenskan (championnat suédois). Il faut y ajouter les talentueuses Sandie Toletti et Marion Romanelli, toutes deux sérieusement blessées – hélas – et indisponibles pour une longue durée. À l’inverse, les internationales françaises Marion Torrent et Valérie Gauvin, absentes du groupe la saison dernière, ne devraient cette fois pas manquer la fête.

S’il faut rester prudent sur les compos d’équipe, on pourra cependant s’aventurer à ces quelques pronos : pour l’OM, on devrait retrouver un onze de départ très proche de celui de dimanche dernier, victorieux – même si laborieusement – de Bordeaux en championnat, à savoir :
Richard – Cissoko, Pizzala, M’Bassidjé, Lakrar – Storti, Gadéa, Coton-Pélagie – Caputo, Fridriksdottir, Asseyi.
Avec sur le banc : Saint-Léger (g), Brétigny (qui a repris une licence de joueuse en janvier tout en restant adjointe au coach), la deuxième Canadienne, Alidou d’Anjou (la première étant Richard), Soulard et la Mexicaine Feral. A moins que les jeunes Cardia et Laplacette, ou Charlotte Lozé, la buteuse de l’an passé, y trouvent place.

Au MHSC, qui reste en D1 sur une courte défaite (1-2) concédée à Lyon (mais dans un match à sens unique), ça devrait ressembler à ça, si la championne d’Europe des nations l’été dernier, la Néerlandaise Dekker, et l’Espagnole Torrecilla sont de retour (toutes deux blessées contre l’OL) :
Gérard (ou la recrue US de janvier Murphy et ses 185 cm) – Torrent, Agard, Sembrant (c), Karchaoui – Le Bihan, Dekker, Veje – Jakobsson, Blackstenius, Cayman. Et, en réserve, Murphy ou Gérard, Gauvin, Torrecilla, Léger.

L’important, c’est après…

Une qualification des Olympiennes pour les quarts de finale marquerait d’une pierre blanche l’histoire de la section féminine – d’autant plus extraordinaire qu’obtenue contre un colosse national —, mais une élimination ne serait pas pour autant tragique, la logique sportive étant finalement respectée. L’enjeu pour les coéquipières de Vivi Asseyi sera surtout de raffermir encore un peu plus cette nouvelle confiance en elles avant une série de matchs en championnat qui s’annonce absolument cruciale contre des adversaires directes pour le maintien (Soyaux, Lille, Albi, Fleury). Car, rappelons-le : en championnat, l’OM occupe toujours la dernière place (12e) d’un classement où les deux derniers sont relégués en fin de saison. Il ne reste que huit matchs à jouer… mais six points seulement séparent cette lanterne rouge de la 5e place *.

* Classement à relativiser cependant, car quatre équipes concernées par cette lutte pour le maintien (Bordeaux, Albi, Fleury, Lille), plus le MHSC (3e) et le PFC (4e) comptent un match en retard… ce qui n’est pas le cas de l’OM.

[INFO DERNIÈRE MINUTE] Le jeune pépite olympienne Maëlle Lakrar, blessée, sera absente de la rencontre.

Le groupe de joueuses retenues ^par Christophe Parra :

Richard, St-Léger (g) – Cissoko, Blanc, M’Bassidjé, Soulard, Laplacette, Gadéa – Pizzala, Storti-Dali, Coton-Pélagie, Loze, Caputo – Asseyi, Brétigny, Alidou d’Anjou.

Philippe Serve

Photo: ©PhilippeServe

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