2003/2004. Cette saison aurait pu changer l’image du football français sur la scène européenne si l’épilogue avait été différent. Car une semaine avant la défaite de l’AS Monaco face au FC Porto de Mourinho en finale de Ligue des Champions (3-0), l’OM s’inclinait contre le FC Valence (2-0). Une défaite douloureuse tant le parcours pour y arriver fut plein d’exploits. 

Le déclic

La saison avait pourtant mal commencé pour les Olympiens ! Alors qu’Alain Perrin avait réussi à hisser son équipe à la troisième place du championnat, synonyme de tour préliminaire de Ligue des Champions, les Marseillais n’ont pas réussi à se défaire du FC Porto et du Real Madrid en phase de poules.

L’enchaînement des matchs ne va pas sourire à l’OM et au coach. Limogé à la fin du mois de Janvier, après seulement deux petites victoires en douze matchs entre novembre 2003 et janvier 2004, il sera remplacé par José Anigo. L’OM va alors retrouver des résultats positifs, juste avant d’entrer en lice en seizième de finale de Coupe de l’UEFA.

L’adversaire : le club ukrainien de Dniepropetrovsk. Au final, il s’agissait, sur le papier, du club le plus à la portée de l’OM, mais l’élimination fut proche. Victorieux 1-0 au Stade Vélodrome, l’OM tiendra le coup défensivement au match retour (0-0).

Les exploits s’enchaînent

A partir des huitièmes de finale, le tirage au sort réservera à l’OM des adversaires habitués aux joutes européennes : Liverpool tout d’abord.

Dans l’antre d’Anfield, les Marseillais se retrouvent face à des internationaux tels que Owen, Gerrard, Hamman, Hyypia ou encore Baros. Mené 1-0 à l’heure de jeu, l’OM va réagir par l’intermédiaire de l’inévitable Didier Drogba. Fabien Barthez va lui préserver les chances marseillaises. Tout se jouera donc au retour : un petit exploit qui va lancer la belle aventure.

Au match retour, le scénario se répète, mais plus tôt dans le match. Baros ouvre le score au quart d’heure de jeu avant que Drogba n’égalise sur pénalty avant la mi-temps. La délivrance viendra du défenseur ivoirien Abdoulaye Meïté, d’une tête rageuse, sur un corner de Demetrius Ferreira. Tour suivant !

 
Vient ensuite l’Inter Milan, San Siro. Le défi est toujours aussi grand. Une victoire 1-0 au Vélodrome grâce à… Didier Drogba. Acculé sur son but au match retour, l’OM va parvenir à s’imposer grâce à un contre mené à toute vitesse par Flamini et Meriem, qui s’en va battre Julio César d’une frappe du pied gauche. Le ballon heurte le poteau et rentre. La réussite était aussi du côté de l’OM.


En demi-finale, les Olympiens retrouvent un club anglais : Newcastle United. Là aussi, les joueurs qui composent cette équipe ne sont pas inconnus. Un score nul et vierge à St James Park. Le suspens est à son comble pour le match retour à Marseille. Malgré les deux premiers exploits, ce match retour est sans doute celui qui est le plus marquant dans les souvenirs des supporters marseillais.

Car un homme va définitivement devenir le héros de tout un peuple : Didier Drogba. Deux buts plein de talent, génie et malice. Le premier est un modèle de contre : lancé par Camel Meriem au milieu du terrain, Drogba va éliminer Aaron Hughes d’une magnifique talonnade dans son dos avant d’ajuster Shay Given d’une petite frappe du pied gauche au ras du poteau.

Le deuxième but est tout aussi beau dans sa réalisation. Avant un coup-franc sur le côté de la surface anglaise, Drogba met en place une tactique avec Beye et Meïté. Cette image fera la Une du journal l’Equipe le jour de la finale. Alors que les deux défenseurs plongent dans la surface, le buteur ivoirien se démarque et transperce la défense anglaise. L’OM est à nouveau en finale de la Coupe de l’UEFA.

L’histoire inachevée 

Trois exploits, mais il fallait finir le travail car même si les performances d’un match restent dans les mémoires, on regarde avant tout le palmarès. Finale face à Valence, des joueurs surmotivés, un public plein d’espoir, un engouement exceptionnel. Mais la marche était trop haute cette fois-ci…

Incertain, Didier Drogba va quand même jouer cette finale.  Les Valenciens lui réserveront un traitement de faveur, sans que l’arbitre italien Pierluigi Collina n’intervienne. Le tournant du match aura lieu au plus mauvais moment, dans le temps additionnel de la première période. Mista se joue de Barthez et obtient un pénalty… Et le carton rouge. Valence doubla la mise en début de seconde période pour mettre fin aux espoirs de l’OM.

Cette équipe, peut être un peu moins connue que celle de 93, est l’une des plus caractéristiques de ce que représente l’OM. De la hargne, de la folie et du talent, tous les ingrédients étaient là pour créer ce qui sera à jamais l’un des parcours les plus historiques du club. La victoire n’était peut-être pas au bout, mais le rêve, la magie OM, eux étaient bien là ! Merci à nos héros.

PARTAGER