Cette année, l’Olympique de Marseille peut compter sur un collectif solide. Une machine bien huilée qui, depuis janvier 2018, semble difficile à déstabiliser. Pourtant, ce match à Saint-Etienne a mis en évidence quelques failles.

Ce match nul à Geoffroy Guichard a permis d’observer quelques carences, notamment le manque d’agressivité, qui fût criante en seconde période. Pourtant, c’est cette même agressivité qui était la force de l’équipe quand la qualité de jeu n’était pas au rendez-vous.

Une valeur fondamentale qui caractérise le renouveau d’un homme: Lucas Ocampos.

Un jeune joueur prometteur 

On part de ses débuts plein de promesses sous les couleurs de River Plate en 2011 à

Lucas Ocampos avec le maillot de River Plate en 2011

seulement 17 ans (il est un des acteurs principaux de la remontée du club avec 38 matchs, 7 buts et 5 passes décisives) ou de son transfert record à l’AS Monaco en 2012 pour 11M€ (record pour un club de Ligue 2). Lucas Ocampos est considéré à cette époque comme un “crack”, un jeune joueur avec un potentiel exceptionnel.

 

Mais son talent tarde à éclore sur le Rocher et les dirigeants monégasque décident de le prêter à l’OM en janvier 2015 avec une option d’achat obligatoire de 11M€ si les hommes de Marcelo Bielsa se qualifient pour la Ligue des Champions. Un objectif que les olympiens ne parviendront pas à remplir et qui renverra l’enfant de Buenos Aires sous les couleurs rouge et blanche.

Mais Lucas a goûté à l’atmosphère marseillaise et à cette ferveur populaire qui lui rappelle ses racines. C’est ainsi que le 30 juin 2015, convaincu par El Loco, Vincent Labrune trouve un accord avec Monaco pour un montant de 7M€. Une bonne affaire selon les observateurs.

« J’ai été affecté par le départ de Marcelo Bielsa car il comptait beaucoup sur moi».

Pourtant heureux de revenir, Lucas n’arrive toujours pas s’affirmer comme un titulaire indiscutable. Entre le départ inattendu de Bielsa, des performances irrégulières et quelques blessures, le jeune homme est vite relégué au second plan.

La Série A pour grandir

En juin 2016, il est prêté avec option d’achat au Genoa. Mais malgré quelques bonnes performances, l’Argentin, avec l’accord de l’OM, est de nouveau prêté. Cette fois

Ocampos avec le maillot des Rossoneri

au Milan AC en janvier 2017. Son passage en Italie ne fût pas une franche réussite sur le plan sportif.

Entre temps, l’OM a été racheté par Franck Mc Court et les exigences du club phocéen se sont accentuées. Avec Rudi Garcia à la baguette, les Marseillais ont réussi à accrocher une 5ème place synonyme de qualification pour l’Europa League. Promettant une saison avec beaucoup de matchs. Auteur d’une bonne préparation, Ocampos est préféré à Cabella (prêté, lui, à Saint-Etienne).

La saison de l’éclosion?

Malgré des débuts en demi-teinte, l’ancien joueur du Genoa commence à être décisif (buteur en fin de match à Nantes où il donne la victoire à l’OM). Il commence peu à peu à gagner la confiance de son entraîneur qui le titularise dans un match important, à l’Allianz Riviera, contre l’OGC Nice.

Mené 2-0 au bout de 16 minutes, les Olympiens, grâce notamment à un Ocampos réaliste et accrocheur, finiront par gagner ce match 4 à 2. Certainement un match référence pour l’équipe mais aussi pour le jeune homme.

Lucas Ocampos, buteur révolté lors de la victoire de l’OM à Nice (2-4) le 1er Octobre 2017.

Depuis ce match, chaque fois que Lucas a joué (excepté le match à Lyon), l’Olympique de Marseille n’a pas perdu. Cette saison encore, le joueur affiche une grosse détermination. Ne calculant pas ses efforts, il est l’un des hommes que Garcia aligne en premier dans les matchs à enjeu.

En janvier dernier il déclarait que son passage en Italie, lui a été bénéfique.

« En Italie, c’est plus physique. C’est pour ça aussi que je me sens très bien physiquement cette saison. J’ai travaillé cet aspect là-bas. En Italie, j’ai déjà joué des matches, surtout à Milan, en tant qu’avant-centre. Je me souviens de choses que j’ai apprise dans cette position et qui me servent aujourd’hui. Quoi qu’il en soit, à gauche, à droite ou dans l’axe, je suis là pour être utile. J’essaye de remplir ma mission. J’ai besoin d’enchaîner les matches c’est comme ça que je peux faire une bonne saison ».

Auteur de 10 buts et 2 passes décisives TCC à mi-parcours (statistiques arrêtées le 06/02/18), l’enfant de Quilmes (province de Buenos Aires) impressionne surtout par sa générosité sur le terrain. Celle qui a d’ailleurs cruellement fait défaut en seconde période à Saint-Etienne…

Le jeune homme de 23 ans a t-il enfin pris conscience qu’il ne fallait plus perdre de temps?

Vincenzo Tommasi

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