C’est la première recrue de l’ère Mc Court. Arrivé de Montpellier en janvier 2017 pour 12M€ (bonus compris), Morgan Sanson devait être une des figures de proue du nouveau projet. Et après des débuts plus qu’intéressants, il a bien des difficultés à justifier son statut cette saison.

On l’oublie presque parfois : avec 12 passes décisives, Sanson est le meilleur passeur de Ligue 1 sur la saison 2016/2017. La saison dernière, le jeune joueur avait rapidement mis tout le monde d’accord en proposant une solution différente au milieu de terrain. Il était le dernier chaînon manquant entre les qualités de récupération de Vainqueur, le jeu fluide de Lopez, et la capacité de projection de Zambo Anguissa.

Mais sur les 4 derniers matchs joués par l’OM avec Sanson en 10, l’équipe a connu… 0 victoire ! On rajoute à ces données le match contre Saint-Étienne très ennuyant et celui contre Bordeaux où un corner de Payet nous sauve. Le plus cruel est lorsqu’on met ces éléments en perspective avec le match contre Braga, où Payet est positionné en numéro 10, et où on se procure un nombre incalculable d’occasions de buts. Idem pour hier soir contre l’Athletic Bilbao, où l’international français a été omniprésent.

La 3ème roue du carrosse

En fait, Sanson était la saison dernière la recrue idoine dans le 4-3-3 de Garcia. Il ratissait énormément de ballons, notamment lors des pressings hauts sur le terrain, il se projetait rapidement en attaque, les contres venaient souvent de lui, notamment grâce à ses contrôles orientés toujours parfaitement réalisés. Enfin, sa qualité de passes n’est pas à justifier vu son titre de meilleur passeur du championnat.

Dans ce système cher à Rudi Garcia, Sanson pouvait facilement se promener sur le terrain, d’autant plus qu’il jouit d’une très grosse endurance lui permettant de répéter les courses. Omniprésent défensivement, efficace offensivement, Sanson s’est rapidement placé dans la hiérarchie des joueurs comme un élément incontestable du onze de départ. Payet et Thauvin, placés plus haut, l’assistaient offensivement pour pourvoir en ballons un Bafetimbé Gomis très efficace.

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Le 4-2-3-1 : le meurtrier ?

Mais tout à changé cette saison. Et plusieurs facteurs peuvent l’expliquer.

D’abord les joueurs autour de lui. La saison dernière, Sanson n’avait pas vraiment de concurrence à son poste. Zambo n’était pas aussi bon que cette saison, Lopez n’avait que quelques mois en pro dans les jambes, et Vainqueur était surtout la caution défensive. Dans ce contexte mais aussi celui de son arrivée en tant que première recrue symbolique du projet, Sanson était assuré d’avoir son nom coché à (quasi) chaque match.

Mais la concurrence s’est accentuée cette saison. Le départ de Vainqueur et l’arrivée de Gustavo n’ont d’abord rien arrangé dans la rotation, le Brésilien étant aujourd’hui bien plus indispensable que ne l’était le Français. Ensuite, Zambo Anguissa, qui a connu une évolution importante en quelques mois. Le Camerounais est bien plus complet qu’avant, perd moins de ballons, est plus intéressant en attaque, et est bien plus complet que Sanson défensivement.

Ces deux joueurs semblent être passés devant le Français dans la tête de Rudi Garcia. Et si derrière lui une autre hiérarchie semble se jouer entre Lopez, Kamara et le bientôt revenant Sertic, les performances de Sanson et le nouveau système de jeu créent de nouvelles concurrences.

Au milieu, dans le 4-2-3-1, seuls deux places de milieu défensif sont disponibles. Comme dit précédemment, Gustavo et Zambo semblent les avoir définitivement gagnées. Après la double défaite contre Monaco puis Rennes en début de saison, Garcia a décidé de protéger plus efficacement sa défense en plaçant devant elle deux milieux défensifs. Un changement qui a immédiatement porté ses fruits, l’équipe encaissant bien moins de buts.

Mais une solution qui a aussi drastiquement réduit le temps de jeu de Sanson en 6. Payet étant placé en 10, le joueur était déplacé à gauche dans un premier temps. Et pour un résultat très insuffisant, Sanson n’ayant pas les qualités d’un ailier. Lourd sur ses appuis, pas très rapide car ne pouvant plus se projeter, très avare en dribbles, et une contribution défensive très faible ont eu raison de lui à gauche, d’autant plus qu’un Ocampos est lui aussi monté en puissance. La grinta (et la chance parfois) de l’Argentin et sa formation d’ailier l’ont fait passer devant dans la hiérarchie.

3ème roue au milieu, 3ème à gauche, une seule place reste à pourvoir : celle de 10. Privilégiée depuis plusieurs semaines par Rudi Garcia, cette solution pose cependant aujourd’hui bien des problèmes, que ce soit pour l’inefficacité de Morgan que pour le replacement non efficace de Payet.

Un assassinat de Payet totalement inutile

Le replacement de Sanson en 10 pose deux problèmes.

D’abord sur les qualités du joueur. Sanson n’est pas un meneur de jeu. Il ne sait pas dribbler dans les périmètres restreints, ne domine pas dans les passes courtes contrairement au jeu long où il a peu d’égal, n’a pas une vision rapprochée du jeu quand il joue très haut sur le terrain, n’a pas cette capacité d’accélérer le jeu en peu de touches de balles. En fait, Sanson porte trop la balle et empêche ainsi toute fluidité du jeu.

Ensuite, si on place Sanson en 10, alors on décale immédiatement Payet à gauche. Et il est peut-être là le plus grand problème : l’international français n’est jamais aussi bon que quand il joue au cœur du jeu. Le Réunionnais dispose de toutes les qualités nécessaires à ce poste de meneur de jeu et, au top physiquement, il y a peu de joueurs à son niveau. On l’a vu hier soir : un Payet en forme transforme absolument toute l’équipe. Il fait mieux jouer les autres, assure les transitions défensives-offensives, crée des occasions de but à partir de simples ballons en apparence sans danger.

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De plus, il permet de placer un Lucas Ocampos bagarreur à gauche, ce qui équilibre tout de suite toute l’équipe, Payet ayant la fâcheuse tendance à abandonner son côté quand il y est placé pour toucher plus de ballons et Gustavo ne se retrouve plus à compenser ce déséquilibre. D’autant plus que Sanson, quand il est placer en 10, défend très peu…

Ainsi, passé derrière Gustavo et Zambo en milieu défensif (avec un Lopez qui revient très fort), derrière Ocampos et Payet à gauche, et derrière Payet au centre, les performances de Morgan Sanson en font aujourd’hui un élément plus aussi indispensable dans l’équipe. S’il n’est pas encore remis en question par son entraîneur Rudi Garcia, plusieurs supporters commencent à lever la voix pour tirer la sonnette d’alarme.

Au joueur de l’entendre et de changer certaines choses dans son jeu. Les qualités, il les a. Reste maintenant à le montrer sur le terrain !

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