“Dangereux crew, formation pointe de diamant
D’la boue jusqu’aux genoux, furtif déplacement, regard perçant
Cuirasse en peau d’caïmans, immergés totalement fatalement
Ça devient entreprenant ça montre les dents
Mais chaque attaque avorte asphyxie rarement
Et les yeux dans le camp adverse, pendant qu’l’escouade fond sur eux”

D’autres mots que ceux de Iam ne pourraient mieux décrire ce que les Marseillais vivent cette semaine. C’est comme si le groupe originaire de la cité phocéenne avait composé, 15 ans plus tôt, une ode à cet Olympique de Marseille de fin de saison.

Deux jours et demi après un match de légende au Vélodrome, l’OM se déplaçait au Stade de l’Aube pour y affronter des Troyens jouant leur survie en Ligue 1. On pouvait craindre de la part des Olympiens une forme de décompression mentale, après la “remontada” de jeudi dernier. Mais plus qu’un relâchement, on y craignait surtout une forme physique balbutiante : nous n’avions pas forcément tort. Mais cet OM a un mental incroyable. Mené 0-1 après seulement 38 secondes de jeu, Marseille a su recoller au score 10 minutes plus tard grâce au revenant Clinton Njie, avant de voir l’ESTAC reprendre l’avantage en seconde période… Mais c’était sans compter sur Dimitri Payet (encore auteur d’un grand match et de deux nouvelles passes décisives), Kostas Mitroglou (qui égalise à 2-2) et Florian Thauvin (qui marque le but de la victoire).

Rami était (étonnamment) titularisé d’entrée de jeu, malgré son retour de blessure jeudi en catastrophe. Luiz Gustavo a commis quelques erreurs et a finit sur les rotules. Oui, l’Olympique puise dans ses réserves, oui l’Olympique est fatigué. Mais l’Olympique gagne ! Rolando et Mandanda toujours blessés, Bouna Sarr et Lucas Ocampos étaient également indisponibles. Rudi Garcia ne pouvait pas beaucoup faire tourner, et on sentait que les joueurs avaient encore dans les jambes (et dans l’esprit) le match de jeudi dernier. Et malgré un match très courageux des Troyens (et un nouveau penalty oublié par Mr Morreira), l’OM n’a rien lâché. Le coach phocéen a même pu se permettre le luxe de faire entrer Abdennour (qui a commis une grosse erreur de relance qui aurait pu coûter le match à son équipe).

Il faut bien l’avouer, il y en a des guerriers dans cette équipe : Rami, Sakai, Gustavo, Thauvin, Ocampos… Si ce ne sont pas les joueurs les plus doués techniquement de leur génération, aucun entraineur doté d’un minimum de jugeote ne pourrait se passer de tels hommes dans un vestiaire. Il suffit de voir la réaction des Marseillais dans le vestiaire après le match face à Leipzig : le groupe vit bien.

Un effectif en partie décimée, des décisions arbitrales préjudiciables, un concurrent direct (Lyon) qui met la pression, des joueurs au bord de la fatigue, un adversaire qui joue sa survie, un but encaissé au bout de 38 secondes de jeu et, malgré tout cela, l’OM s’impose encore ! Oui, ces Marseillais ont bel et bien un mental de Viet-Cong. Ils auront maintenant six jours pour récupérer avant de recevoir Lille… et continuer de faire rêver la France en Coupe d’Europe ?