Six Olympiennes étaient en lice cette semaine avec diverses sélections nationales : France A, B, U19, Mexique et Islande. Bilan de leurs prestations et des résultats.

 Viviane ASSEYI

Sélection : France A
Tournoi : SheBelievesCup (USA)
Nombre de matchs joués : 3 sur 3 (2 fois titulaire, 1 fois remplaçante)
Nombre de minutes jouées : 187 (sur 270 possibles)


Vivi Asseyi (1er rang à gauche) avant le match contre l’Allemagne

L’Équipe de France débutait la 3e et ultime édition de la SheBelievesCup – dont elle était détentrice du titre – face à l’Angleterre, numéro 3 mondiale (la France est classée 6e). Vivi commençait le match sur le banc. Pendant une heure, les Bleues affichèrent un visage catastrophique. Aucune niaque, aucune inspiration, des erreurs à répétition, une véritable démission collective. Lorsque la sélectionneuse Corinne Diacre décide d’envoyer sur la pelouse Gaétane Thiney et Viviane Asseyi, le score est de 4-0 en faveur des Anglaises, sans qu’il y ait rien à redire. Mais ces deux entrées vont remettre le Bleues dans la bonne direction, et Thiney réduira le score dix minutes plus tard avec la complicité involontaire de la défenseure centrale anglaise Millie Bright qui détourne son tir des 22 m hors de portée de sa gardienne. Durant sa demi-heure passée sur le terrain, Vivi s’évertua à jouer simple, vers l’avant, sans perdre de ballons. Une entrée réussie.
Diacre réagit avec force face à la presse devant le fiasco collectif de ses joueuses : « On est très loin des exigences du niveau international. Je suis très en colère contre mes joueuses. J’ai un sentiment de honte. Je trouve que c’est inadmissible. » On devine la soufflante passée dans le vestiaire…
Au match suivant, contre les championnes du monde en titre et numéro 1 mondiales, Diacre change l’équipe, ne conservant que trois joueuses-cadres (Henry, Le Sommer et M’Bock, particulièrement défaillantes contre l’Angleterre.) Asseyi est titularisée sur l’aile droite… Les USA ouvrent le score (35e) par la jeune pépite Mallory Pugh, suite à un énorme cafouillage en forme de partie de billard, mais les Bleues égalisent dans la foulée. Le Sommer s’enfuit sur une belle ouverture en profondeur de M’Bock, avant de crocheter extérieur la gardienne US et de marquer angle fermé (38e)… La France dispute un très bon match et tous les observateurs (y compris US) s’accordent pour dire que sa victoire eût été logique, après que la rencontre se soit terminée sur un score nul (1-1). Asseyi confirmait sa bonne demi-heure contre l’Angleterre en proposant un match plein, offrant même une superbe balle de match – passe dans l’intervalle – à son ancienne coéquipière du MHSC Valérie Gauvin, hélas annihilée par une superbe parade de la gardienne Naeher (82’).
Diacre ne changeait rien à son équipe pour la dernière rencontre face à l’Allemagne, championne olympique en titre et numéro 2 au classement FIFA. Cette Allemagne qui avait corrigé les Bleues fin novembre (4-0, une rencontre où Vivi n’avait pas quitté le banc).
Asseyi occupait donc à nouveau l’aile droite. Après dix minutes difficiles, les Bleues ouvraient le score contre le cours du jeu. Et c’était l’attaquante olympienne qui se trouvait à l’origine du but. Elle récupérait le ballon près du poteau de corner adverse, le volant à son adversaire directe, Verena Faißt, le contrôlait du bout du pied avant de le transmettre aussitôt à Thiney. Celle-ci passait sans contrôle à Le Sommer qui remettait en retrait pour Henry dont la frappe de 20m finissait au fond (10’). À partir de là, les Bleues dominèrent largement le match, faisant étalage d’une maîtrise remarquable. Asseyi resta 67 minutes sur le terrain, marquant énormément de points par sa grande activité et ses initiatives. Plus sangsue et « crampon » que jamais, Vivi exerça une pression constante sur l’adversaire, se montra disponible et dans tous les bons coups, délivrant de très bons centres, et passant à deux doigts de marquer le but du tournoi grâce à une spectaculaire reprise acrobatique dans la surface allemande, le ballon filant au ras du poteau ! Les Bleues ajoutèrent deux buts par Le Sommer (55e) et Gauvin (68e), remportant un succès historique, puisque plus large victoire de leur Histoire face à l’Allemagne (3-0).


Vivi Asseyi (#18) et la satisfaction du devoir accompli (avec de g. à d. Aminata Diallo,Eve Périsset et Estelle Cascarino)

Au final, la joueuse de l’OM aura montré que sa place dans le groupe était non seulement justifiée, mais nécessaire. Elle a marqué beaucoup de points dans l’optique de la Coupe du Monde que la France accueillera à l’été 2019, et pris de l’avance sur sa principale concurrente au poste, Kadidiatou Diani.

————————

Anaïs M’BASSIDJE

Sélection : France B
Tournoi : Turkish Women’s Cup (Alanya, Turquie)
Nombre de matchs joués : 3 sur 4 (3 fois titulaire)
Nombre de minutes jouées : 270 ( sur 360 possibles)


Anaïs (3e debout à partir de la gauche) en EdF B

La promotion de la plus ancienne joueuse de la section féminine de l’OM (arrivée en 2012 en première année de DH), appelée un peu par surprise et pour la première fois en Équipe de France B (devenue une véritable antichambre des A) s’est révélée un double succès : la sélection dirigée par François Niemezcki a remporté le tournoi avec 4 victoires en 4 matchs, et « Adé » a été titulaire sur 3 matchs, dont la finale ! Arrière droite lors du premier match contre le Kosovo aux côtés de sa coéquipière olympienne Hawa Cissoko (voir + bas), elle participe au large succès (6-0). Idem à la rencontre suivante contre le Kazakhstan. À nouveau titulaire arrière droite (avec cette fois l’ex-gardienne de l’OM Pauline Peyraud-Magnin dans les cages derrière elle), Anaïs contribue à un nouveau carton sur le même score (6-0). L’Olympienne est laissée au repos pour la dernière rencontre de poule contre la Roumanie (3-0), le coach faisant beaucoup tourner son riche effectif, mais retrouve une place de titulaire – cette fois en défense centrale – pour la finale du tournoi face au Mexique d’une autre Olympienne, Cristina Ferral (voir + bas). Anaïs fait le taff, la France B bat le Mexique 2-1 et remporte le trophée !

Anaïs a donc parfaitement réussi son entrée au niveau international, elle qui jusqu’ici n’avait connu que la sélection universitaire. Le chemin vers les A est certes encore très long, mais l’Olympienne a l’avantage de pouvoir occuper tous les postes de la défense, à droite comme à gauche ou en défense centrale, toutes positions occupées bien souvent en club. Alors, qui sait…


1er trophée international pour Anaïs (à gauche, 2e debout)

———————-

Hawa CISSOKO

Sélection : France B
Tournoi : Turkish Women’s Cup (Alanya, Turquie)
Nombre de matchs joués : 1 sur 4 (titulaire)
Nombre de minutes jouées : 37 (sur 360 possibles)

Très malheureuse Hawa ! La défenseure centrale olympienne était bien prévue comme la titulaire en défense centrale avec Anaïg Butel (Paris FC) pour l’ensemble du tournoi par François Niemezcki. Hélas, Hawa se blessait dès la 37e minute du premier match contre le Kosovo, victime d’une déchirure de l’ischio, et dut rentrer aussitôt en France. Dans ces conditions, on peut dire que l’expérience restera comme un vrai échec personnel pour Hawa. Mais elle aura certainement l’occasion de  se rattraper à l’avenir, les sélectionneurs ne l’oublieront pas. En attendant, nous ne pouvons que souhaiter bon courage et le meilleur rétablissement à la si sympathique Hawa. Soigne-toi bien et reviens vite prendre ta place au sein de l’OM !

[Hawa devrait être indisponible avec l’OM pour – au minimum – deux à trois semaines. Sa déchirure est de 2,5 cm et une IRM de contrôle sera effectuée le 27 mars.]

————————————–

Cindy CAPUTO

Sélection : France U19
Tournoi : La Manga (Espagne)
Nombre de matchs joués : 3 sur 3 (2 fois titulaire et 1 fois remplaçante)
Nombre de minutes jouées : 179 ( sur 270 possibles)


Cindy Caputo (debout, 4e à partir de la gauche) en EdF U19

La jeune et rapide attaquante olympienne a participé à tous les matchs joués par la sélection nationale U19 du tournoi de la Manga. Celui-ci servait de préparation au Tour Elite qui se disputera en Finlande (4-10 avril), lui-même qualificatif pour la phase finale de l’Euro de la catégorie, du 18 au 30 juillet en Suisse.
Face à trois adversaires de haut niveau, Cindy et les Bleuettes ont aligné successivement une victoire (Norvège, 2-1), un match nul (Suède, 2-2) et une défaite (Angleterre, 1-2). Cindy a commencé les deux premiers matchs comme titulaire, jouant 90 minutes face à la Norvège, et 64 contre la Suède. Remplaçante au coup d’envoi de l’ultime rencontre, elle est entrée à 25 minutes de la fin, alors que le score était de 0-2 en faveur des jeunes Lionesses, les Bleuettes réduisant le score dans le temps additionnel.
Le temps de jeu obtenu par Cindy semble indiquer que la sélectionneuse tricolore Gaëlle Dumas lui fait confiance et se montre satisfaite des performances de notre jeune Olympienne. Ceci est bien sûr une bonne nouvelle, et marque la progression de Cindy qui avait parfois du mal à s’imposer dans les sélections plus jeunes (U16 et U17). Nous suivrons de près ses performances dans un mois au Tour Elite.

————————————

Cristina FERRAL

Sélection : Mexique
Tournoi : Turkish Women’s Cup (Alanya, Turquie)
Nombre de matchs joués : 4 sur 4 (3 fois titulaire, 1 fois remplaçante)
Nombre de minutes jouées : 255 (sur 360 possibles)


La Mexicaine de l’OM, Cristina Ferral (#4) aux prises avec Kenza Dali

La première joueuse mexicaine à jouer en France, l’Olympienne Cristina Ferral, comptait 4 sélections (et 1 but) au compteur au départ de ce tournoi disputé en Turquie. À la sortie de celui-ci, la souriante Cristina a doublé son compteur de sélections en participant à toutes les rencontres de son équipe.
L’Olympienne était sur le banc pour le premier match contre la Lettonie. Elle fit son entrée sur la pelouse à l’heure de jeu, alors que le score était de 3-0 en faveur du Mexique. À la fin de la rencontre, il avait doublé (6-0). Cristina fut ensuite titularisée pour les trois matchs suivants. Elle joua la totalité des deux autres rencontres de poule, contre la Jordanie (6-0 à nouveau) et la Pologne, véritable finale de poule (1-0).
En finale contre la France B de sa coéquipière de club Anaïs M’Bassidjé, Cristina était à nouveau présente au coup d’envoi avec son numéro 4 et en milieu de terrain, avant d’être remplacée à la pause, les Bleues menant alors 2-0 (score final 2-1).
Arrivée récemment en sélection, jouant hélas trop peu avec l’OM où Christophe Parra ne semble pas lui accorder la confiance qu’elle mériterait – et quand c’est le cas, pas forcément à son vrai poste -, Cristina fait peu à peu son trou au sein de l’équipe du Mexique. On espère bien sûr la voir l’an prochain à la Coupe du Monde, disputée dans notre pays, avec sa sélection ! Et, en attendant, beaucoup plus sous la tunique olympienne !

——————————

Fanndis FRIDRIKSDOTTIR

Sélection : Islande
Tournoi : Algarve Cup (Portugal)
Nombre de matchs joués : 2 sur 4 (2 fois titulaire)
Nombre de minutes jouées : 109 (sur 360)

L’Islandaise de l’OM aux 90 sélections (14 buts) avant le début du tournoi de l’Algarve, n’a pas fait carton plein en termes de temps de jeu. Absente de la première rencontre de poule contre le Danemark (vice-champion d’Europe, 0-0), Fanndis n’apparut pas plus sur la pelouse à la deuxième contre le Japon (1-2). L’absence totale de son nom sur les fiches techniques / feuilles de match des deux rendez-vous laisse à penser qu’elle était peut-être blessée ou du moins préservée. Elle fit néanmoins son apparition au troisième match de poule contre les Championnes d’Europe néerlandaises (0-0), en tant que titulaire sur le flanc droit du milieu – l’Islande évoluant en 5-4-1 -, mais fut remplacée à la pause. Enfin, pour le match de classement (9e et 10e places), où l’Islande retrouvait le Danemark, Fanndis fut à nouveau sur la pelouse au coup d’envoi, mais cette fois sur la gauche de l’attaque et dans un système en 4-3-3. Elle fut remplacée à la 63e minute, alors que les Danoises menaient 1-0. Sept minutes après sa sortie l’Islande égalisait, avant de s’imposer dans la séance de tirs au but (5-4).

Pas de nouveau but en sélection donc pour l’Olympienne, mais un compteur qui monte à 92 matchs joués sous le maillot de son pays. La centaine se rapproche…

———————————-

Philippe Serve
À suivre sur Twitter: @Olympiennes

 

PARTAGER