Dimanche, au stade Roger-Lebert (15h), l’OM féminin reçoit le FC Fleury 91 pour le compte de la 18e journée de D1. Face à un nouveau concurrent direct au maintien, les Olympiennes devront confirmer leur succès ramené d’Albi. Une victoire les ramènerait à hauteur de leurs adversaires du jour. Poisson d’avril interdit !

Pour une fois, on se réjouira que le terrain du stade Roger-Lebert soit en synthétique. Ennemi habituel du footballeur, et plus encore des footballeuses -, il sera en ce dimanche de Pâques l’assurance que les joueuses de l’OM ne céderont pas à l’envie de chercher des œufs enfouis aux quatre coins du terrain. Elles devraient en conséquence rester bien concentrées sur leur match. Et il le faudra ! L’adversaire qui se présente est lui aussi le dos au mur et dans l’obligation de grappiller des points partout où il le peut, afin de se garantir une deuxième saison consécutive dans l’élite.

La belle

Cette rencontre entre Marseillaises et Floriacumoises sera la troisième de la saison, et revêtira le caractère d’une « belle » entre les deux formations qui se partagent jusqu’ici une victoire chacune. Au match aller, le 6 novembre dernier (8e journée), Fleury s’était imposé à domicile 2-1. Les Olympiennes avaient longtemps cru décrocher leur première victoire de la saison après un but rapide de Cindy Caputo (14’). Du moins jusqu’à l’heure de jeu, lorsque la malheureuse Tess Laplacette détourna du dos un centre d’Amani dans ses propres filets (61’). Une dizaine de minutes plus tard, Daphné Corboz faisait passer son équipe devant en marquant un corner direct, avec une grosse faute de main de Richard au passage (72’)…
Deux mois et demi plus tard, l’OM prit sa revanche à la faveur du 16e de finale opposant les deux équipes à Roger-Lebert (2-0). Les Olympiennes ouvrirent le score encore plus rapidement qu’en championnat grâce à Amandine Soulard (5’). Mais cette fois, elles tinrent bon jusqu’au bout, se permettant même un deuxième but en toute fin de rencontre par la jeune Mickaella Cardia (90’).
Ce sera donc bien une « belle » dimanche, mais cet aspect de la rencontre sera cependant très secondaire par rapport au vrai enjeu, valable pour les deux clubs : sauver sa peau !

Espérons que, comme lors de leur match en Coupe de France, les Olympiennes se montrent infranchissables.

Situation fragilement favorable aux Olympiennes

Rappelons ici la situation comptable du bas de tableau de la D1, à cinq journées de la fin, et en se souvenant que les deux derniers seront relégués en D2.

Calendrier des équipes en lutte pour le maintien. En bleu, les matchs “a priori” à 0 pts contre le Top 3.
En cas d’égalité, le premier critère de départage est la différence de buts particulière. Puis la différence générale.

Les Olympiennes sont certes toujours dernières (désormais à égalité de points avec Rodez, qu’elles recevront pour l’avant-dernière journée), mais dans le petit jeu des oppositions directes entre les cinq équipes menacées de descente, elles sont plutôt en pôle « fragilement favorable ». À condition de ne perdre aucune de ses trois rencontres décisives. Battre Fleury et Rodez à la maison, avec un nul à Guingamp, constitue le minimum obligatoire. Disons, pour faire court, prendre un minimum de 7 points sur les 9 possibles, si l’on élimine les deux déplacements au PSG et à Lyon… En se livrant au petit jeu – certes très incertain, pour ne pas dire aléatoire – des pronostics, l’OM serait sauvé en compagnie de Guingamp et Fleury. Rodez et Albi descendraient. Mais les différences sont tellement infimes que tous les scénarii demeurent possibles.

Blagues interdites !

Pâques tombant cette année le 1er avril, il ne faudrait pas que les Olympiennes confondent lapin en chocolat et poisson d’avril. Les supporters apprécieraient peu les mauvaises blagues en forme de csc ou de carton rouge. Je ne parle même pas de défaite qui leur laisserait une arête mortelle en travers de la gorge. D’autant plus que les joueuses de Fleury ne se présenteront pas sous forme d’agneau pascal sacrifié au destin. Et il est peu probable que Claire Lavogez et ses coéquipières soient prêtes à exposer sur le terrain de Roger-Lebert les vertus d’innocence, de bonté et de douceur prêtées au petit de la brebis… Avant et après le match peut-être, mais sûrement pas pendant. Alors, avant de penser à griller et déguster l’agneau floriacumois, il faudra d’abord l’attraper et le mater…

Les joueuses

Voici le groupe retenu par Christophe Parra. À noter que les internationales U19 en stage toute la semaine avec l’Équipe de France, et qui partiront disputer le Tour élite du Championnat d’Europe de la catégorie dès lundi, ont été laissées à disposition du club ce dimanche. Du moins Maëlle Lakrar et Mickaëlla Cardia, car Cindy Caputo, blessée, est forfait. Tout comme Hawa Cissoko et Amandine Blanc, toujours indisponibles. De leur côté, Tess Laplacette et Cristina Ferral seront une fois de plus avec la DH. La Mexicaine de l’OM s’envolera ensuite pour les États-Unis. Elle a en effet été retenue avec sa sélection nationale pour les deux matchs amicaux que celle-ci doit disputer contre les championnes du monde en titre et numéro 1 au classement FIFA. On a le droit de s’interroger une fois de plus sur sa non-retenue dans le groupe olympien.

Gardiennes

Thelma Fiordaliso, Geneviève Richard.

Défenseures

Maud Antoine, Maëlle Lakrar, Anaïs M’Bassidjé,
Caroline Pizzala, Amandine Soulard.

Milieux

Marie-Yasmine Alidou d’Anjou, Kelly Gadéa,
Lalia Storti, Nora Coton-Pélagie.

Attaquantes

Viviane Asseyi, Mickaëlla Cardia, Fanndis Fridriksdottir,
Charlotte Lozé, Sandrine Brétigny.

Le 11 de départ pourrait être le suivant : Richard – Lakrar, Pizzala, M’Bassidjé, Soulard – Gadéa, Storti, Coton-Pélagie – Alidou d’Anjou, Asseyi, Fridriksdottir.

Côté FC Fleury 91, attention ! Tout comme l’OM, malgré son mauvais classement et sa situation précaire, cette équipe possède plusieurs joueuses de grande qualité. À commencer par les très talentueuses Salma Amani et Claire Lavogez. La première, internationale marocaine, fut le bourreau de l’OM la saison dernière en inscrivant un triplé face aux Olympîennes sous les couleurs guingampaises (4-0), et fut au match aller l’instigatrice directe du csc de Laplacette. Espérons qu’elle ne fasse pas regretter une fois de plus aux dirigeants de l’OM d’avoir refusé de lui racheter son année de contrat cet été, alors que son transfert semblait quasi conclu dans le club phocéen.

Salma Amani (à droite, ici avec la capitaine brésilienne du PSG, la légende Formiga) sera à surveiller comme le lait sur le feu…

Claire Lavogez, elle, internationale prêtée par Lyon cet hiver jusqu’à la fin de saison, est repositionnée en pointe et s’y montre efficace (3 buts en 5 matchs). Capable de buts très spectaculaires, elle sera particulièrement à surveiller, d’autant qu’elle risque fort d’être personnellement très motivée, ayant été oubliée par Corinne Diacre pour les deux prochains matchs des Bleus*. Ce qui n’est pas le cas de sa coéquipière Maéva Clemaron, qui honorera à cette occasion sa première sélection. Il faudra aussi se méfier de l’excellente Daphné Corboz, la – petite (157 cm) – Franco-Américaine, déjà retenue une fois par Diacre (sans jouer). Et puis les supporters marseillais retrouveront avec grand plaisir celle qui fut leur infatigable guerrière en défense centrale les deux dernières saisons, notre Bastiaise préférée, la toujours efficace et si sympathique Léonie Multari.

Que la défense de l’OM fasse en sorte de ne pas voir trop souvent le numéro de Claire Lavogez leur filer sous le nez…

* Viviane Asseyi, elle, sera à nouveau présente pour ces deux rencontres amicales face au Nigéria (6 avril) et au Canada (9 avril).

Philippe Serve
A suivre sur Twitter @Olympiennes (Live-Text du match)

PARTAGER