Grosse désillusion pour les Olympiennes et leurs supporters ce dimanche de Pâques avec une défaite à domicile dans le match qu’il fallait gagner contre un concurrent direct pour le maintien, le FC Fleury 91 (0-1). L’OM se retrouve à nouveau englué à la dernière place, lâché, et en situation de plus en plus périlleuse à quatre journées de la fin du championnat. La D2 se rapproche… à grands pas.

Il est encore un peu tôt pour mettre tout sur la table et placer ceux qui doivent l’être devant leurs responsabilités dans le fiasco qu’est jusqu’ici – et que restera de toute façon, même en cas de maintien miraculeux de dernière minute – la saison 2017-2018 des Olympiennes. J’aurai donc le temps d’y revenir lorsque la sentence finale, positive ou négative, sera tombée. En attendant, un simple constat s’impose, il est chiffré et implacable : l’OM féminin occupe à nouveau seul la dernière place du classement, avec seulement 12 points glanés en 18 matchs, soit 3 victoires (une tous les six matchs), 3 nuls (idem) et 12 défaites (deux sur trois). Un OM toujours incapable d’enchaîner deux victoires consécutives, celle remportée à Albi lors de la journée de championnat précédente étant restée sans suite. Une nouvelle rechute, et une deuxième défaite de rang à la maison (après celle contre Lille 0-2). Et comme la précédente, celle-ci fait très, très mal et rapproche encore un peu plus les Olympiennes d’une descente en enfer…

Trop d’insuffisances

L’occasion de revenir à hauteur de Fleury a été gâchée dans toute sa largeur. En lieu et place, les Essonniennes repartent de Marseille avec six longueurs d’avance sur Caroline Pizzala et ses coéquipières, grâce à un  but de Sarah Palacin (37′), idéalement servie par Salma Amani qui, en deux saisons avec Guingamp, puis Fleury, aura marqué ou fait marquer 6 buts en 4 matchs de championnat contre l’OM… Fleury a presque la certitude aujourd’hui de devancer l’OM en fin de saison, au pire à la différence de buts particulière.
Et qui, en dehors de Christophe Parra jugeant la performance de son équipe comme irréprochable ou presque (« Je pense que l’on a réalisé aujourd’hui l’une des meilleures performances de la saison ») – méthode Coué ? grand déni ? volonté de garder le moral de ses joueuses au plus haut ? – pourrait invoquer une « injustice », tant la performance proposée par les Olympiennes fut beaucoup trop insuffisante ce dimanche. La barre transversale trouvée en toute fin de match ne doit pas tromper : l’OM n’a poussé que dans les dernières minutes, incapable jusque là de proposer du jeu construit face à une équipe très bien organisée, hyper volontaire, respectant son plan de jeu, solidaire, et tout simplement… meilleure. Quand on n’a ni meneuse de jeu créatrice ni réelle avant-centre, il ne faut pas non plus s’étonner de ne pas avoir d’occasions… et ce, depuis le début de saison.

Morne plaine

Les joueuses y croient-elles encore ? On voudrait en être certain. Mais, même si elles firent preuve d’une bonne volonté indéniable,  on ne les vit pas vraiment jouer avec le couteau entre les dents et la rage au ventre. Là encore, les propos du coach olympien ont de quoi surprendre : « Nous avons réussi à nous créer beaucoup d’occasions mais sans inscrire de but derrière. Les filles ont mis beaucoup d’engagement mais elles n’ont pas été récompensées, elles n’ont pas réussi à concrétiser les occasions. Il faut marquer pour gagner, le match se résume à cela. » Beaucoup d’occasions ? Vraiment ? Trois au total, toutes en seconde période, par Asseyi (50′, parade de Gignoux, la gardienne de Fleury); un centre de Cardia que Coton-Pélagie, trop courte, ne peut reprendre, seule face au but (56′); et un centre de Fridriksdottir qui rebondit sur le dessus de la transversale (90+4′)… Fleury en eut autant (22′, 80′, 90+2′)…
Beaucoup d’engagement ? Nous n’avons pas vu le même match. Celui des joueuses de l’OM était juste “normal” pour un match féminin de D1, et pas celui d’une équipe menacée de descente. Là encore, elles furent dominées dans ce secteur de jeu par des adversaires affichant une plus grande motivation à réussir un coup.

Que les joueuses y croient encore ou pas, les supporters, eux, semblent s’être déjà fait une raison. Le stade Roger-Lebert a davantage résonné pendant 95 minutes des encouragements incessants des supporters de Fleury, qu’il faut ici féliciter d’avoir fait un très long déplacement et d’avoir donné de la voix sans jamais fatiguer. À aucun moment, un vrai sentiment de révolte n’a plané sur un stade Roger-Lebert transformé en morne plaine, même dans ces dernières minutes qui virent en réalité Fleury davantage reculer, que les Olympiennes se jeter à l’abordage comme si leur vie en dépendait. Ça a poussé, oui. De la bonne volonté, oui. De la révolte, non.

Et maintenant ?

Le coup porté au mental des joueuses doit peser bien lourd, et il n’est pas dans mes intentions de les accabler, alors que des matchs sont encore à jouer, et qu’elles ne sont pas les seules responsables de la désastreuse situation dans laquelle elles se trouvent (et là encore, on peut s’étonner des commentaires de Christophe Parra, niant qu’il puisse y avoir des erreurs de stratégie ou d’animation, et faisant de facto reposer l’échec sur les joueuses – “erreur sur le but de Fleury” + “incapacité à transformer les occasions en buts”. Et le mental possiblement en berne des Olympiennes n’est certainement pas relevé par la perspective des deux prochaines rencontres – très espacées dans le temps –, deux déplacements dont on ne peut espérer grand-chose (doux euphémisme…) : au PSG (22 avril) et à Lyon (13 mai). A priori, deux matchs à zéro point. Ce seront ensuite, et toutes les Olympiennes en ont bien conscience, les deux dernières rencontres face à Rodez (19 mai) et sur le terrain de Guingamp (27 mai), deux formations aujourd’hui – et respectivement – 3 et 7 points devant…
Un simple coup d’œil au classement permet de comprendre que si les deux prochains matchs ne ramènent aucun point – et personne d’un peu lucide ne peut envisager le contraire… sauf le coach olympien (tant mieux après tout s’il arrive à convaincre ses joueuses, c’est son rôle, pas celui des observateurs) -, Guingamp et Fleury termineront quoi qu’il advienne devant l’OM au final. Qu’il suffira à Lille d’un point en 4 matchs pour qu’il en soit de même (le LOSC recevant Guingamp le 22 avril). Et si Albi bat Rodez le même jour, ce sera mort pour l’OM…

Le sort du groupe de Christophe Parra sera-t-il ainsi déjà scellé avant même le dernier match à Guingamp, voire avant celui contre Rodez ? Nul ne le sait au soir de cette 6e défaite à domicile. Mais chacun a bien la sourde impression que la D2 leur tend plus que jamais les bras, et « qu’elles y vont tout droit ».
Aux Olympiennes de nous prouver le contraire. A Paris dans trois semaines (devant les caméras d’Eurosport) ?
Allons, rêvons encore un peu…

Marseille – Fleury : 0-1 (0-1), à Marseille (Stade Roger Lebert)
Arbitre : Florence Guillemin – 188 spectateurs
But : Sarah PALACIN 37′ (Passe d’Amani dans l’axe à ras de terre pour Palacin qui en hérite à l’entrée de la surface et devance la sortie de la gardienne pour marquer de l’extérieur du droit)
Avertissements: Asseyi 90+1′ ; Clemaron 10′, Coudon 22′
Marseille: Richard ; Soulard Pizzala (cap.) M’Bassidje Lakrar ; Coton Pelagie (Fridriksdottir 72′) Dali Gadea Alidou (Bretigny 66′) Asseyi Traoré (Cardia 46′)
Banc: Antoine Cardia Fridriksdottir Bretigny Fiordaliso
Fleury: Gignoux ; Coudon Sissoko (cap.) Multari Butel Corboz Clemaron Fernandes (Rabanne 63′) Amani Lavogez (Dunord 75′) Palacin (Chatelain 82′)
Banc : Benoist Traikia Dunord Chatelain Rabanne

Philippe Serve
À suivre sur Twitter : @Olympiennes

Crédit photo de couverture : ©FC Fleury91
Crédit fiche technique du match : ©Footoféminin

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