L’Olympique de Marseille est un club historique du football français. A Marseille, le football n’est pas un simple sport, c’est une religion. Ce ne sont pas seulement des supporters qui encouragent leur équipe, c’est un peuple uni derrière une même passion.

Chaque match, chaque rendez-vous du week-end électrise cette ville qui vit pour l’OM, pour son OM.

Occasion de revenir sur l’une des grosses affiches de cette saison en championnat, OM-Monaco, et ce dans les virages les plus chauds de France.

DÈS L’AVANT MATCH,
UN PARVIS CHAUD BOUILLANT 


Il est à peine 18h le dimanche 28 janvier 2018 quand nous arrivons sur les lieux de la fête, sur la place Prado. On tombe nez à nez avec la magnifique enceinte phocéenne : le Stade Vélodrome. Déjà, tout au long de la route, on sentait l’atmosphère pesante de ce grand rendez-vous du football français qui opposait le deuxième et le troisième de Ligue 1.

Les maillots et les écharpes bleues et blanches étaient de sortie, les véhicules nous alertaient qu’on approchait du lieu ultime à coup de « Oh Thauvin ! » et d’ « Allez l’OM ! ». A 500 mètres du parvis, quand on se plaçait au dessus des marches menant à l’entrée du stade, on voyait les fumigènes, fumée rouge et épaisse qui surplombait les supporters marseillais déjà présents en masse.

L’ambiance était au rendez-vous, et ce trois heures avant le coup d’envoi. On entendait les bruits des pétards, des « Olympique de Marseille ! » et tout autre chant marseillais qui résonnait en cœur de ces voix passionnées. Une fois incorporé dans le mouvement des ultras, dans le son des mégaphones, dans le brouillard des fumigènes et dans une odeur forte de fumée, nous faisions partie d’un super élan de mouvance ultra que seul certaines cultures et certaines villes connaissent.



L’ENTRÉE DU STADE HAUTE EN COULEURS


Nous arrivons enfin vers les 19h sur « La Boule », terme de connaisseur désignant     , pour pouvoir rentrer du côté du Virage Nord. La foule des grands soirs était sur la place, avec toujours les même bruits de pétard et les chants d’impatience. Une file d’attente nous attendait, avec notamment le groupe MTP qui faisait entrer notre Section. Après de très longues minutes d’attente, nous voyons enfin le bout du tunnel (ou l’herbe dans le stade) avec toujours une seule idée en tête, celle d’incorporer l’enceinte pour pouvoir accompagner de toute notre voix les chants qui y résonnent déjà.

Dans le couloir menant au Virage, la sensation devient unique. Une sensation de grandeur dans ce stade magnifique. C’est là que l’on se rend un peu plus compte de la ferveur olympienne, n’en déplaise à certains qui veulent remettre en question l’intensité et la dimension de ce Vélodrome.

Ce qui est exceptionnel, dans ce stade, avec ses supporters et ses ultras, c’est de chanter à se casser la voix alors que le match ne démarre que dans 1h30. L’arrivée des capos qui demandent d’entrée de jeu de chanter, d’applaudir, de lever les bras, de sauter. Debout sur les dalles du Vél, à entendre et acclamer l’entrée de nos joueurs avec cette sublime musique qui électrise l’institution Olympique de Marseille et les joueurs qui en ont le logo posé sur leur cœur. Leur donner une ultime raison de mouiller le maillot, de jouer avec le cœur, les tripes, parce que les supporters, eux, vont les encourager avec leur cœur et leur tripes.

Et pour ces supporters, d’être un réel douzième homme qui poussent, qui crient avant, pendant et après le match. L’arrivée des Monégasques sur la pelouse marseillaise a été accueillie sous de copieux sifflets. Un public marseillais des grands soirs. On voyait de toute part un stade bien rempli, couleur bleu ciel et blanc, prêt à tout pour voir l’OM vaincre. 55000, non pas spectateurs comme dans certains stades, mais 55000 supporters.

UN MATCH DIGNE D’UN CHOC EUROPÉEN

L’arrivée incroyable de 5 parachutistes sur la pelouse olympienne, acclamés avant même qu’ils ne posent le pied à terre, lançait la soirée sous de fabuleux propices. Un « aux armes… » dont seul Marseille a le secret se lança du Virage nord jusqu’au sud, suivi de fabuleux tifos. Un tifo qui montrait un Brésilien adulé qui fait rêver notre club. Le visage de Luiz Gustavo avec le drapeau brésilien accompagné d’un autre symbole de la ville marseillaise, Notre Dame de la Garde.

Alors que le Virage nord faisait honneur aux couleurs du club à en perdre la raison, le début de match avait cette atmosphère lourde des grands matchs, emprunts de pressions pour les joueurs et de soutien de supporters concentrés, appliqués, soudés derrière l’équipe. Comme s’ils allaient eux-mêmes entrer sur le terrain et jouer ce match tant important.

Le but de Keita Baldé a cependant refroidit les ardeurs marseillaises à la 4ème minute de jeu. Mais nous continuons toujours à chanter pour que quelque chose d’inexplicable, une action en plus, puisse pousser notre équipe. Debout sur les sièges, bras an l’air, en chantant, pour voir les Marseillais égaliser. Dans la foulée le but du guerrier Adil Rami arriva à la 7ème minute. Et a partir de là, c’était la folie. Tout le monde s’attrapait, se repoussait, se câlinait, se congratulait, criant de joie quelque chose de rare, une émotion au-dessus de tout. Tel rassemblement, comme pour dire « tous unis derrière le même blason olympien ».

Les papiers du tifo volaient, les fumigènes éclataient, les chants dédoublèrent. Nous étions seulement au tout début du match et notre voix nous disait « arrête » ; mais non, jusqu’au bout du bout nous chanterons ! Un match d’un top niveau faisait alors place, les cris de contestations fusaient lors des fautes marseillaises, ou quand Monaco touchait un de nos joueurs. Les sifflements quand les Monégasques avaient la possession. Enfin la mi-temps, qui a permis de reposer (un peu) les voix pour mieux repartir en deuxième mi-temps.

Retour des vestiaires en trombe avec un but d’entrée de l’ancien Monégasque Valère Germain. Le stade explosa une nouvelle fois et chambra de toute part le parcage du Rocher. Seulement Fabinho égalisa, et l’OM ne put gagner qu’un point pour la course à la Ligue des Champions.

Mais ne pensez pas qu’à la fin du match tout le monde range et c’est plié. Non, les Fanatics et quelques parties des autres groupes ultras, les Dodgers, les MTP ou les Yankees et le CU84, les South Winners au sud chantaient, provoquaient le parcage adverse. C’est ça l’OM : c’est à fond et jusqu’à la fin de la fin.

 

PARTAGER