En s’inclinant ce dimanche au stade Roger-Lebert face à Lille (0-2), les Olympiennes ont compromis encore un peu plus leur maintien dans l’élite féminine, d’autant que leurs adversaires les plus directs (Rodez et Albi) ont pris des points. L’OM féminin a désormais un pied en D2.

Les Olympiennes s’en sortiront-elles ? Jour après jour, semaine après semaine, la question se répète avec toujours plus de crainte tissée dans ses fibres. La défaite subie à domicile face au LOSC (la 5e à la maison en 9 matchs !) sur deux buts de Lalia Storti (csc, 37e) et Maud Coutereels (53e), arrive comme un coup de massue supplémentaire. Ou peut-être devrais-je écrire un coup de marteau sur le clou OM féminin qui s’enfonce inexorablement dans le mur d’une relégation en D2, deux ans seulement après l’avoir brillamment quittée (avec un titre de Championne de France), puis quelques mois après une inespérée 4e place en D1 pour sa première saison dans l’élite.

Le château de sable s’écroule de plus en plus

J’avais écrit dans mon article de présentation de la rencontre que cette réception de Lille se présentait comme le premier volet d’une lame à trois temps, avant un déplacement à Albi et l’accueil de Fleury. Ce n’est même pas un joker que les Olympiennes ont grillé face au LOSC, mais bien les deux tiers d’un paquet de cartes, dont le destin semble de plus en plus n’avoir été que de bâtir un château sur du sable. Car, alors que le groupe de Christophe Parra voyait leur compteur-points rester désespérément au point mort, Rodez obtenait le nul à domicile face à Bordeaux (2-2), tandis que – deuxième très mauvaise nouvelle du jour – Albi allait s’imposer à Fleury (1-0). Un coup d’œil au classement vaut mieux qu’un long discours…

De même, il suffit de regarder le calendrier, celui des six derniers matchs des équipes classées 8e à 12e, pour comprendre la difficulté de la tâche des Olympiennes, et la justification du pessimisme de leurs supporters.

Que constate-t-on ?
Considérons d’abord que les matchs joués par ces cinq équipes contre celles du Top 3 (Lyon, PSG, MHSC) sont « a priori » des matchs perdus, tant l’écart est grand entre toutes ces formations. Trois équipes luttant pour le maintien sont concernées : Albi, Fleury et l’OM, chacune deux fois.
Il en résulte qu’il leur resterait 4 rencontres pour prendre des points (maximum 4 x 3 = 12 pts) et non 6. À l’inverse, Guingamp et Rodez ne rencontreront plus aucune équipe du Top 3. Elles ont donc 6 matchs pour engranger des points (6 x 3 = 18).
Ensuite, notons les matchs opposant ces cinq formations entre elles, des matchs forcément « à six points » selon l’expression consacrée.
Ici, l’OM se distingue. Tous ses matchs restants – hors, donc, les deux au PSG et à Lyon – seront joués contre ses adversaires directs. Soit 4 sur 4. Deux à la maison (Fleury et Rodez), deux à l’extérieur (Albi et Guingamp).
Les quatre autres clubs en joueront trois chacun. Trois sur quatre pour Albi (2 à domicile, 1 à l’extérieur) et Fleury (1 à la maison, 2 en déplacement), trois sur six pour Guingamp (2 domiciles, 1 extérieur) et Rodez (1 domicile, 2 extérieurs).

Je rappellerai enfin à toutes fins utiles qu’en cas d’égalité au classement en fin de saison, c’est d’abord la différence particulière qui prime, et ensuite la différence de buts générale. Voici la situation actuelle concernant l’OM. Rien n’est figé, puisque les Olympiennes peuvent encore inverser chacune de ces différences particulières dans les semaines qui suivent.

Faire en 4 matchs plus qu’en 16

Que faut-il en conclure ? Que le championnat et son verdict final concernant maintien/relégation est encore loin d’être rendu ? Certes. Mais aussi que la situation des Olympiennes s’aggrave bel et bien. Car ce n’est bien sûr pas tant sur Rodez qu’il est primordial de prendre des points (deux équipes étant reléguées), mais surtout sur Albi, Fleury et Guingamp. Or, ces équipes ont respectivement 7, 6 et 6 pts d’avance. Même si les Olympiennes remportent leurs confrontations directes, chacun de ces adversaires restera encore devant (4, 3 et 3). Il faut donc que l’OM remporte au moins deux de ces quatre matchs « actifs » restants, en espérant que Fleury et/ou Guingamp n’en gagnent pas un seul… Car une seule victoire pour ces deux formations (ainsi bien sûr que pour Albi) mettrait  les Olympiennes dans l’obligation de remporter non plus deux, mais trois matchs. Etc.

Pour une équipe qui ne compte que 2 victoires au compteur en 15 confrontations, toutes deux à domicile et non consécutives, cela paraît bien, bien difficile. Pourtant, on a vu par le passé des équipes (Guingamp, Saint-Étienne, et surtout Bordeaux la saison dernière) qui semblaient condamnées se sauver à la dernière journée. Oui, mais elles le pouvaient encore mathématiquement. Or, l’OM est aujourd’hui lâché. Et l’OM n’a pris que 1 seul misérable point  à l’extérieur cette saison (à Lille) sur 21 possibles. Et 8 à domicile (2 v, 2 n) sur 27… Au matin du 27 mai, jour de l’ultime rendez-vous de la saison à Guingamp, les Olympiennes seront-elles revenues dans les clous ou pleureront-elles déjà les 4 points ou plus les séparant de la 10e place salvatrice ?

On voit aussi avec la victoire d’Albi à Fleury que les autres formations sont loin d’avoir baissé les bras, et pour cause. Elles sont devant. Et l’OM tout là-bas, derrière…

Philippe Serve
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Marseille – Lille : 0-2 (0-1), à Marseille (Stade Roger Lebert) – 110 spectateurs
Arbitre : Céline Bagrowski

0-1 Lalia STORTI 37′ c.s.c. (Centre de Saïdi dévié par Storti contre son camp)
0-2 Maud COUTEREELS 53′ (Coup franc de Bultel repris par Coutereels)

Avertissements : Storti 22′ ; Coutereels 16′, 76′, Bultel 58′, Pasquereau 89′, Davy 90+2′
Expulsion : Coutereels 76′

OM : Richard ; Soulard, M’Bassidje, Pizzala (cap), Lakrar, Gadea, Storti (Alidou D’Anjou 70′), Asseyi, Lozé (Cardia 58′), Coton-Pélagie (Brétigny 70′), Fridriksdottir
Banc : Lucidi, Alidou d’Anjou, Antoine, Cardia, Bretigny
Lille : Launay ; Lernon, Coutereels (cap), Chapeh, Mansuy ; Saïdi, Demeyre, Dali, Coryn (Pasquereau 65′) ; Sarr (Davy 87′), Bultel (Bouchenna 81′)
Banc : Azem, Bauduin, Davy, Pasquereau, Bouchenna

[Fiche ©Footoféminin]
Crédits photos : Footofeminin, P.S., J.P. Martin

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