Comme vous avez pu le constater, fidèles lecteurs de www.unolympique.com, la semaine passée vous n’avez pas eu la chance de lire ma chronique “d’actu décalée”. Non pas que je n’avais pas d’inspiration, tant le match face à Bilbao était à lui seul un poème de football en images, mais j’étais en train de dévaler les pentes enneigées de la Haute Savoie.

Du coup, je suis devenu un peu plus spectateur de vos commentaires et de la vie des passionnés de ce club extraordinaire qu’est l’Olympique de Marseille. Et cela m’a inspiré ce qui va suivre.

Aujourd’hui, pas d’actu décalée, pas de pitrerie, pas de commentaires Café des sports. Non, rien de tout ça. Aujourd’hui, je me suis interrogé sur LA question existentielle parmi toutes les questions existentielles de notre planète, voire de notre univers, n’ayons pas peur des mots !

« Qui suis-je ? Où vais-je ? Dans quel état j’erre ? » diraient les plus comiques d’entre nous, ce que je ne ferai pas. Toutes ces questions qui animent depuis toujours tous les plus grands scientifiques de la planète, et restées sans réponse depuis que le monde est monde. J’en profite, au passage, pour me permettre de rendre un très humble hommage à l’un des plus grands scientifiques de tous les temps, à savoir le regretté Stephen Hawking qui nous a quittés cette nuit à l’âge de 76 ans.

En définitive, d’où on vient et où on va, on s’en fiche un peu. La seule et unique question qui mérite qu’on y cherche une réponse est :

Pourquoi est-on autant passionné par l’OM ? 

Et en montant et descendant les pentes savoyardes, j’ai trouvé la raison d’être du FC Metz (monter, descendre, monter descendre…), mais j’ai aussi fait une profonde introspection – je vous vois venir les petits comiques… non je n’ai pas eu droit à une coloscopie ! – et je me suis vraiment demandé pourquoi j’aimais autant ce club. Pourquoi je m’infligeais de regarder un match sur un téléphone avec une connexion digne du Kazakhstan oriental une nuit pleine de loups-garous  ? Pourquoi, alors que j’étais en famille et avec des amis, je ne pouvais pas manquer un match de mon club favori ? En résumé, pourquoi j’aimais tant l’OM ?

Vous avez la réponse un peu habituelle du style : “Oui, je suis né à Marseille et mon père m’a transmis le virus, nanani, nanana…” Ou encore, “un jour je suis allé chez des cousins à Marseille et ils m’ont amené au stade vélodrome et là, de voir ce stade en fusion, ça m’a donné envie de devenir supporter de l’OM.” On les connait tous ces histoires. Attention, je ne critique pas, loin de moi cette idée, mais reconnaissez que c’est peu.

Par exemple, en ce qui me concerne, j’ai vécu l’OM des années 90 – le premier qui dit que je suis vieux, je lui offre deux jours en immersion complète avec Nabil Djellit – et forcément j’ai assisté à tellement de belles choses. Dans mon cas, au delà du fait que je suis marseillais, il était assez facile de devenir supporter, j’ai commencé par le plus beau lorsque j’ai ouvert le paquet cadeau OM. Certes, l’histoire s’est ternie par la suite, et j’ai aussi vécu l’enfer, mais j’avais vécu le plus extraordinaire. Ceux qui ont connu cette époque pourront témoigner, il y avait plus de monde dans les rues de Marseille le soir du 26 Mai 1993 que le soir du 12 juillet 1998.

Mais alors pourquoi aime-t-on autant l’OM ?! Qu’est ce qui fait que ce club soit si différent des autres ? 

En définitive, après les défaites contre Paris, je vous ai lu… beaucoup. Puis, il y eut la douceur footballistique face à Bilbao, et là encore je vous ai lu, puis le scénario du match contre Toulouse dimanche soir. Et là, illumination totale, aussi limpide qu’une frappe de Bouna Sarr sur la barre transversale d’Alban Lafont.

Ce qui fait qu’on aime tant ce club – roulements de tambours – est l’ascenseur émotionnel perpétuel qu’il nous fait vivre. On est accro à ça ! Des drogués de l’émotion et de la vitesse à laquelle ce club peut nous faire passer, de la joie à la colère, de la tristesse à l’euphorie, de l’exagération à la mesure. Alors, certes nos caractères de Sudistes méditerranéens aident sans aucun doute à “l’enflammade”. Nous, pour nous allumer, c’est mille fois plus facile que le feu dans Kho Lantha. Mais l’argument de nos origines serait valable s’il n’y avait que des Marseillais supporters de l’OM. Or, il y a des gens de toute la France qui sont comme nous, voire pires.

Je vous ai lus après les défaites contre Paris et il n’y avait que défaitisme et frustration, certains remettaient même toute la saison en question, prêts à tremper Rudi Garcia dans le goudron et les plumes, méthode Western. Puis le match contre Bilbao, et là, vos commentaires, tout l’inverse. Puis scénario du match face à Toulouse avec allumage rapide, extinction tout aussi rapide et embrasement de feu d’artifice à la fin. C’est ça, l’OM !  Des montagnes russes émotionnelles perpétuelles. Et nous, on adore ça, on se nourrit de ça. Dernier argument qui vous fera bientôt penser à moi : à chaque trêve internationale, on finit tous, sans exception, par être “en manque” de notre OM ! Des vrais camés, je vous dis !!!!

Face à ce constat, je me suis tout de même demandé s’il était raisonnable d’être drogué à ce point de mon club. Et la réponse est NON, et définitivement NON !

ALLEZ L’OM !

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